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JUIFS ET NOIRS MINORITAIRES EN OCCIDENT  Imprimer   Envoyer par mail
 


24 avril 2005 / 13h10
- Fictions : une télé en blanc et blanc

Hormis quelques têtes d’affiche, les minorités visibles restent absentes des fictions françaises. Les rôles sont comptés, le ton est rarement juste. Enquête.Véronique Groussard Teleobs 23-04-05
Inutile de monter le son. La différence entre séries américaines et françaises saute – littéralement – aux yeux. Les premières mettent en scène une société métissée, les secondes, un pays beaucoup plus monochrome. Peu d’immigrés de deuxième et troisième génération, d’enfants café au lait, d’Antillais. Plusieurs soirs par semaine, la télévision nie la France croisée pendant la journée dans le métro, les magasins, à la Sécu, à la fac.
Bien sûr, le nuancier s’est enrichi depuis vingt ans. D’ailleurs, chaque chaîne peut brandir son sauf-conduit : TF1 avec Mouss Diouf, lieutenant de Julie Lescaut depuis l’origine, ou Jacques Martial (Bain-Marie), sous-fifre de Navarro, ou encore Firmine Richard, vaillante infirmière dans « le Grand Patron ». M6 se dédouanera avec l’ex-miss-France, Sonia Rolland, premier rôle de « Léa Parker », ou le chanteur Faudel, pion dans un lycée. France 3 a son médecin métisse, Louis-Karim Nébati, alias Fabien Cosma, son jeune avocat beur et ambitieux de « Plus belle la vie », sa toubib pompier de « SOS 18 » (France Zobda). Quant à France 2, qui avait fait de l’humoriste Pascal Légitimus un profiler, elle abrite désormais le commissariat métissé de « P.J. ». Cette dizaine de têtes d’affiche associées à l’abondance de séries américaines crée une persistance rétinienne colorée.
Sauf que, rapporté à la cinquantaine de séries françaises et à la centaine de téléfilms unitaires diffusés sur un an par les grandes chaînes, c’est peu. Pour la grande majorité de ces fictions, une analyse plus fine est sans appel. Aux comédiens de couleur sont offerts des rôles de flics… ou de flics. On n’a pas dit commissaire ! Parfois, l’éventail s’entrouvre chichement. Côté femmes (au regard des diffusions depuis janvier) : nounou, prostituée, esclave chez des bourgeois, femme de ménage, mannequin pour de lingerie. Pour les hommes, videur de boîte de nuit, garde du corps, boxeur, etc. « C’est le statut social qui n’a pas évolué, constate Françoise Ménidrey, directrice de casting. On ne leur permet pas d’être brillants, d’avoir fait des études. Ils seront ouvriers, pas profs. » L’acteur Daniel Lobé raconte qu’un de ses amis, pourtant choisi par le réalisateur pour incarner un procureur de la République, s’est retrouvé avec le rôle d’assistant après l’intervention, semble-t-il, de la chaîne ou du producteur. Lui-même a été éconduit pour jouer un officier. Motif : « Il n’y a pas trop de gens typés dans l’armée. » Par exception, dans « Plus belle la vie », il était chef d’entreprise, menant, de l’autre côté du bureau, un entretien d’embauche : « Franchement, ça m’a fait plaisir. »
Détail frappant, le visionnage attentif des arrière-plans révèle une figuration presque entièrement monochrome, que ce soit dans les cafés, les couloirs du palais de justice, les salles d’attente d’hôpitaux, les cours de collège, sur les trottoirs, aux sorties d’écoles primaires. Un arrêt sur image permet, parfois, d’apercevoir des taches plus sombres. France Zobda le relève sur tous les plateaux où elle passe : « Je me retourne, pas un Noir. Et s’il y en a un, il n’y en a pas deux. » La réalisatrice Yamina Benguigui a sa théorie sur le sujet : « L’imaginaire des scénaristes, des responsables dans les chaînes, est blanc. Nous existons et pourtant… nous n’existons pas. Nous sommes visibles et… invisibles. Il faut décoloniser les imaginaires. »
Le 5 avril, pendant la Semaine pour l’Intégration, France 3 a diffusé « Une autre vie ». Premiers rôles tous tenus par des Noirs ou des beurs, figuration très colorée pour cette histoire d’un homme tiraillé entre la France et le Mali. Un concentré un peu gros sabots mais révélateur, en creux, de ce que la télé ne montre jamais. Tant le personnage – médecin noir, costumes Cerruti, maison bourgeoise, récitant du Giraudoux – que son caractère : distant, cassant, compliqué. Tandis que les Blancs cumulaient les rôles de racistes, profiteurs, meurtriers. La fiction en fait trop ou pas assez. Pendant des années, elle n’a imaginé Noirs et Maghrébins qu’en dealers, voyous, voleurs de voiture. Cette stigmatisation a fini par choquer et a entraîné un virage à 180 degrés, au risque d’une certaine déréalisation. « Depuis cinq-six ans, note un scénariste, il n’est plus question d’appeler un délinquant Mourad ou Khader. » C’est que, analyse son confrère Alain Krief, « nous n’avons pas la maturité des Américains qui traitent, à égalité, les héros de toutes origines, y compris pour en faire de grands méchants. Un pédophile noir, j’attends de voir cela ici… Mais ils créent aussi moult juges et avocats noirs. Commençons par des rôles très positifs. Après, on pourra être plus réaliste sur le reste. Nous y gagnerons de la liberté » .
Nathalie Cheron, directrice de casting, l’observe : « La peur d’être accusé de racisme le dispute à celle de la bien-pensance avec le gentil Arabe de service. » D’où des maladresses dans le traitement de certains sujets. La loi sur la laïcité, par exemple. Dans « Sauveur Giordano », un prof filtre les entrées au lycée : « Le bonnet, là, on l’enlève. » Le gamin est… asiatique. Les effets, eux, sont surlignés, les dialogues légers, comme celui-ci, relevé dans « P.J. », entre un chef et son subordonné : « Je tiens à vous dire que des garçons comme vous, je tiens à en avoir dans mon équipe. – Pour avoir un officier arabe ? C’est ça ? Pour avoir la conscience tranquille ? » Souvent, les rôles manquent de subtilité co mme si la couleur de la peau dispensait de psychologie. Le ton juste viendra sans doute des principaux intéressés, pour peu qu’on les laisse pénétrer le système. A France 2, on égrène une dizaine d’auteurs avec qui la chaîne travaille : Rachida Krim, Yamina Benguigui, etc. Philippe Niang, père sénégalais, mère française, enfance bourguignonne, pense être « le seul scénariste black à bosser régulièrement pour le prime time. Comment être l’interface de ces populations ? A la base des textes, il manque les mômes de Saint-Denis. Jonglant avec des mots aussi bien qu’avec des ballons » .
C’est que les clichés ont la vie dure. Kat Jean-Joseph, conseillère à la fiction de France 2, les chasse dans les textes qu’elle reçoit : « Les Africains ne s’habillent pas tous en boubou car les jeans, c’est moins cher. Les Antillais ne cuisinent pas toujours des acras, ne dansent pas tous comme des dieux, ne se sentent pas forcément bien quand il fait chaud et mal quand il fait froid. » France Zobda fustige ces « rôles “Y’a bon Banania” où il faut parler petit nègre » . La représentation que certains se font des Africains est particulière, comme en témoigne cette annonce, parue en juin dernier, pour un casting : « Cherche comédienne africaine, très ronde, avec accent, habillée en boubou, bref “typique” . » Daniel Lobé, lui, s’est entendu dire qu’il ne faisait pas assez africain alors que ses deux parents sont camerounais ! Quant aux beurs, un coup d’œil à la télé laisse penser que les moins typés décrochent plus facilement des rôles.
Qui empêche les « minorités visibles » de l’être davantage à l’écran ? Difficile à dire. Le nombre d’intervenants sur une fiction est tel qu’un maillon faible suffit. En juin 2003, France 3 réunit la profession pour la sensibiliser à cette question. Résultat ? Pas un franc succès. « Quelques mois plus tard, raconte Perrine Fontaine, directrice de la fiction de la Trois passée sur la Deux, j’ai entendu : “Ça existe encore, cette histoire ?” Ou, mieux : “On va chercher pour faire plaisir à Perrine”. » Patrick Péchoux, son successeur à France 3, désespère d’être entendu : « Le message doit être rappelé en permanence, il exige un volontarisme presque quotidien. »
Etienne Mougeotte, vice-PDG de TF1, s’affichait plein de bonne volonté, l’an dernier, lors d’un colloque : « On aura réussi quand on ne se posera plus la question du rôle écrit pour une minorité visible mais quand tous les rôles seront indifféremment tenus par des Blancs, des Blacks, des beurs. » Déclaration d’intention qui amuse Françoise Ménidrey car « le casting est soumis aux diffuseurs. Ce sont eux qui ont le pouvoir. Même pour un petit rôle, vous devez en référer » . Le choix de Louis-Karim Nébati pour incarner « Fabien Cosma », sur France 3 l’atteste. Chargée de la sélection, Nathalie Cheron imaginait un acteur de couleur. Retoquée par le producteur. En revanche, quand, de son côté, Perrine Fontaine a décidé de frapper un grand coup, de faire refaire le casting, sa décision s’est imposée.
La France n’est pas la Grande-Bretagne, où les auditions sont ouvertes à tous. Si l’on veut une ethnie particulière, il faut pouvoir le justifier. « Quand on doit chercher un comédien noir ou maghrébin, c’est écrit. Sinon, ce sera un Blanc, a fortiori si le personnage se prénomme Lucette ou Maurice, reconnaît Françoise Ménidrey. Moi-même, je ne pense pas toujours à faire une autre suggestion. » Pourtant, toute une génération d’acteurs, à laquelle les césars de « l’Esquive » ouvrent des perspectives, attend dans les starting-blocks.
« Est-ce normal, s’indignait la comédienne Nadia Samir, lors d’un colloque, que ma fille grandisse sans voir personne qui lui ressemble à l’écran ? » Kat Jean-Joseph lui fait écho : « Quand j’étais petite, mon père me réveillait en pleine nuit pour voir du catch à quatre car un Noir allait passer à la télé ! » Ce ne serait plus le cas. Toutefois, quand son petit garçon lui demande « Pourquoi il n’y a pas de marrons ? » , elle, qui travaille à France 2, se branche sur les séries … américaines.



http://telecineobs.nouvelobs.com/ARTICLES/A267150.asp


Haut de page Article rédigé par Y.M - Source : www.telecineobs.nouvelobs.com
 

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