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PEUPLES EN ESCLAVAGE  Imprimer   Envoyer par mail
 


24 octobre 2005 / 01h05
- Noirs souvenirs à l'écran

Un documentaire revient sur la mémoire de l'esclavage. par Didier ARNAUD Libération, jeudi 20 octobre 2005
En France, 2005 restera une année «noire». Choix d'une date de commémoration pour l'abolition de l'esclavage, provocations de Dieudonné qui a mis en concurrence la mémoire de l'esclavage et la Shoah , mobilisations d'historiens pour rendre à cette partie de l'histoire de France la place qui lui est due, émergence d'un supposé «racisme antiblanc» lors des manifestations lycéennes de mars. Et ce documentaire, Noires Mémoires (1), décrivant ce qui reste de l'esclavage dans les populations noires de France aujourd'hui.

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Ses auteurs un Noir, un Créole et un Blanc, Sylvère Henri Cissé, journaliste, Luc Laventure, directeur des antennes de RFO, et François Rabaté, réalisateur ont tenté de revenir de façon apaisée sur la question. Ils sont allés à la rencontre de gens de tous bords. Les paroles, souvent sincères, parfois violentes, se dégagent. En ressort une impression d'allers-retours permanents entre ce passé non digéré et ce présent toujours compliqué lorsqu'on est noir en France.

«On a eu l'impression d'ouvrir des plaies non cautérisées», dit Luc Laventure. Il raconte la révélation chez certains d'une forme de «douleur enfouie». «Quand il y a de tels échos, c'est qu'il doit y avoir souffrance et maldonne», ajoute-t-il.

Souffrance ? Celle de cette institutrice, impuissante dans le documentaire face à la question de son élève. Elle fait émerger une histoire familiale jamais exprimée : «L'esclavage ? J'étais incapable de m'en souvenir, j'ai besoin de savoir plein de choses pour pouvoir avancer. Je n'ai pas envie que cela ressurgisse car cela va faire sortir tellement de choses.»

Remuer les origines, c'est aussi complexe. Stéphanie est une adolescente blanche. Sa mère est noire. Pourtant, Stéphanie se sent «noire». Quant à sa mère, lorsqu'elle promenait sa fille enfant, on lui disait : «C'est vous, la nounou ?»

Et l'avenir ? Sourira-t-il à ces deux petites soeurs installées dans la Creuse ? On leur prédit un futur radieux. Leurs commentaires sur leurs premiers pas au village ? «Avant, ils n'en avaient pas, de Noirs. De temps en temps, ils nous appelaient "merdes noires".»

Parler de l'esclavage dont on a à vrai dire assez peu parlé , c'est une autre manière de dire les discriminations. L'écrivain Claude Ribbe relie le passé au présent dans le film : «A Bordeaux, il n'y a plus de bateau, il n'y a plus de traite, il reste le racisme. Le mal vient de là.» A Nantes, la ville a effectué un travail de mémoire, mais l'histoire reste à fleur de peau : la statue de l'esclave et de ses chaînes a été mise à terre, et les chaînes ont été remises autour des pieds de la statue.

Dans Noires Mémoires, le footballeur champion du monde Lilian Thuram raconte comment il s'est fait arrêter par un policier gare de Lyon. Le flic lui demande ses papiers. Thuram rétorque : «Pourquoi n'arrêtez-vous que les Noirs ?» Finalement, le policier le reconnaît, fait un «oohh !» de confusion. Thuram : «Quand vous devenez célèbre, il n'y a plus de couleur.» Il ajoute : «Je me considère noir, il y a un truc trop lourd à porter. On m'a déjà dit : toi, si on n'était pas allés chercher tes ancêtres en Afrique, tu serais encore un sauvage.» Le maire adjoint à la jeunesse de Bagneux, Jean-Claude Tchikaya (MDC), raconte l'étonnement, la colère et parfois le contentement des mariés qui le voient arriver ceint de son écharpe tricolore. Il explique : «Une de mes ambitions, c'est qu'être français ne soit pas être blanc.»

Le documentaire décline un tableau nuancé des perceptions. Aux Antilles, de l'esclavage, il y a une «overdose», dit une jeune femme. «En Martinique, tout nous rappelle qu'on a été esclave un jour.» Pas en France, où les traces sont moins visibles. Bakary dit ne pas savoir où il habite, justement. «Quand je vais en Afrique, ils m'appellent toubab.» Founé en convient : «A Barbès, je suis une personne comme une autre ; les Blancs, on a l'impression que c'est eux qui font tache.»

Parler de cette mémoire enfouie, à quoi ça va servir ? Certains y sont opposés, persuadés que cela risque de poser les Noirs en victimes, d'ouvrir une boîte de Pandore. La chanteuse Bam's se dit «partagée» sur le fait de remuer ou non ce passé : «A certains moments, je me dis oui, il faut en parler ; à d'autres, on zappe tout ça, il faut avancer.» Zapper.
(...) pour lire la suite:http://www.liberation.fr/page.php?Article=332348

(1) Le 26 octobre sur RFO.




Haut de page Article rédigé par Y.M - Source : liberation.fr
 

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