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PEUPLES EN ESCLAVAGE  Imprimer   Envoyer par mail
 


14 novembre 2005 / 00h06
- L'exploitation raciste d'un crime contre l'humanité

Gilles Manceron, "Le Monde", Paris, 6 mars 2005
Si un sketch ou les propos (d'un comique) sur la Shoah récemment tenus à Alger ont suscité une indignation justifiée en raison de leurs connotations antisémites, d'autres déclarations de sa part, plus insidieuses, sur les juifs et l'esclavage, ont suscité moins d'attention. Aux personnes d'origine antillaise ou africaine, qui ont un souci légitime de reconnaissance du crime contre l'humanité qu'était l'esclavage, il propose un responsable tout trouvé - mais inventé : les juifs.

Dans "Le Journal du dimanche" du 8 février 2004, à propos de ceux qui avaient agressé (de manière d'ailleurs scandaleuse) le public de son spectacle, il affirmait : "Ceux qui m'attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des Noirs et l'esclavage." En juillet 2004, il récidivait : "Les juifs ont profité de cette colonisation et de la traite négrière." Après être revenu, à la dernière de son spectacle (29 décembre 2004), sur "la haine des juifs à l'égard des Noirs", il a affirmé, le 16 février [2005], que les "autorités sionistes" l'empêchaient de faire "un film sur la traite négrière", y voyant la confirmation de la responsabilité des juifs dans la traite des Noirs.

La traite a été organisée aux XVIIe et XVIIIe siècles à partir de tous les ports de mer français par le pouvoir royal, en particulier sous le règne de Louis XIV par le ministre Colbert, qui a confié la traite royale à des compagnies d'Etat et encouragé la traite privée par des primes aux négriers. Dans les colonies, terres de racisme et d'arbitraire, le premier article du Code noir de 1685... interdisait la présence des juifs (même si celle-ci y a été, en plusieurs lieux et époques, tolérée).

Il n'y a pas eu, si on considère l'ensemble des armateurs et des ports, une proportion importante d'armateurs juifs : on ne trouve guère qu'à Bordeaux, principal port négrier français au XVIIIe siècle, une minorité d'armateurs de traite juifs d'origine portugaise (environ 20 %).

Ce qui n'est pas le cas ailleurs, en particulier à Nantes, principal port français de traite au début du XIXe siècle, lors de l'apogée de ce trafic. Et aucun juif ne figurait parmi les capitaines de navires négriers (parmi lesquels, en revanche, on trouvait une proportion importante de Bretons...).

Des travaux récents ont conclu à l'influence de familles juives tolérées à Saint-Domingue sur un défenseur des droits des "libres de couleur" et adversaire de l'esclavage comme Julien Raimond, qui joua un rôle important à Paris dans la préparation de la première abolition de 1794. Et rappelons que c'est Napoléon qui, après la Révolution, a rétabli l'esclavage, lequel s'est poursuivi sous Charles X et Louis-Philippe jusqu'à son abolition en 1848 par un gouvernement républicain comprenant pour la première fois deux ministres juifs.

Le travail de vérité nécessaire sur ce crime contre l'humanité qu'a été l'esclavage n'a rien à voir avec les fantasmes de Dieudonné. Et aucune victime ne doit être oubliée : les historiens considèrent que, du XVIe au XXe siècle, si la traite transatlantique d'initiative européenne a fait plus de 11 millions de victimes, la traite transsaharienne d'initiative arabe et africaine en a fait environ 4 millions.

L'appel aux tribunaux, hors des cas de violation manifeste des lois contre le racisme, tout comme les interdictions et agressions visant des spectacles (d'un comique), sont déplacés et donnent des arguments à ce comique qui ne rêve qu'à apparaître comme une victime. Mais il revient aux historiens et aux défenseurs des droits de l'homme de dire que ses délires sont des élucubrations dangereuses.

Gilles Manceron est historien et rédacteur en chef de "Hommes et Libertés", revue de la Ligue des droits de l'homme. Point de vue publié par le quotidien "Le Monde", Paris, 6 mars 2005.
http://www.aidh.org



Haut de page Article rédigé par Y.M - Source : http://www.aidh.org/
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