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IMMIGRATIONS JUIVES/IMMIGRATIONS NOIRES  Imprimer   Envoyer par mail
 


26 décembre 2005 / 23h30
- Quelle politique de l'immigration ?

LEMONDE.FR | 27.01.05 débat avec Malek Boutih, secrétaire national chargé des questions de société au Parti socialiste français, jeudi 27 janvier
QUELS QUOTAS ADOPTER ?

Thomas_more_: Pourquoi ne pas adopter sur l'immigration une approche réaliste qui est celle des Etats-Unis, et qui consiste en une vision utilitaire de l'immigration qui rend l'intégration bien plus facile puisque les immigrés sont choisis pour leurs compétences ?

Malek Boutih : Vous avez vous-même une vision partielle de la politique américaine en matière d'immigration car cette notion d'"utilité" existe partiellement. Mais dans leur frontière sud avec le Mexique, les Etats-Unis utilisent eux aussi une main-d'œuvre non qualifiée massive, qui reste parfois plusieurs années sans papiers.
Le Canada est plus proche de ce qui me semble être une politique d'immigration organisée, car dans ce pays il y a une politique d'immigration ouverte à plusieurs pays du monde où sont recrutés des candidats à l'immigration diplômés, mais aussi sans qualification. Il n'y a pas de distinction entre une élite de l'immigration et la main-d'œuvre de base. Chacun bénéficie des mêmes parcours pour entrer au Canada et pour son intégration dans ce pays.

Geof : Quelles sont vos propositions ?

Malek Boutih : Mon constat, c'est qu'il y a une immigration permanente et régulière en France ; alors que la loi, les responsables politiques, ont toujours affirmé ces dernières années que cette immigration n'existait pas. Je propose d'assumer cette réalité et d'avoir comme objectif prioritaire qu'aucun étranger vivant en France ne soit sans papiers. Mon point de vue est que les partenaires sociaux, syndicats et patronats, les responsables des politiques de logement, d'éducation, se coordonnent chaque année pour prévoir le nombre d'immigrés dont la France a besoin et qu'elle peut accueillir dignement.
Ces immigrés seraient issus de pays avec qui nous aurions passé des contrats sur l"immigration afin que leurs intérêts ne soient pas lésés. Je souhaiterais une simplification absolue de la loi sur l'immigration, où n'existeraient plus que trois catégories :
- les immigrés permanents, dotés d'un titre de séjour de dix ans renouvelable automatiquement et qui pourrait, s'ils le souhaitent, au bout des dix ans devenir français ;
- des immigrés titulaires d'un titre de séjour permettant de vivre sur le territoire français et d'y travaillersix mois par an sans s'installer sur le territoire. Ce titre de séjour concernerait les saisonniers agricoles mais aussi les commerçants, les jeunes entrepreneurs ou des ouvriers pour des contrats limités dans le temps ;
- les étudiants, qui auraient le droit à une carte valable cinq ans, avec autorisation de travail durant leurs études.
A part la catégorie étudiante, dont le critère est simplement le niveau d'études, les autres demandeurs devraient s'inscrire auprès d'une agence pour l'immigration en France et bénéficieraient de l'étude de leur dossier au fur et à mesure des demandes. Les demandes sont faites une seule fois, ce qui donne droit à l'obtention d'un numéro de passage et organise donc une file d'attente pour l'immigration. Les titres de séjour ne seraient plus délivrés en France, mais par les autorités françaises dans les pays d'origine.

Julia : Pourriez-vous nous donner une "définition" des quotas que vous défendez ? Sur quels critères seraient-ils élaborés ?

x_1: Et les critères de choix, pouvez-vous nous en parler ?

Malek Boutih : Le critère de sélection est un mélange de critères professionnels mais aussi de nationalité. Pourquoi ? Parce que le marché du travail a besoin d'immigrés qualifiés et diplômés, mais aussi de main-d'œuvre non qualifiée. Il faudra veiller à ne pas recruter uniquement les cadres des pays en voie de développement mais à avoir un équilibre. Quant au choix par la nationalité, il s'inscrit dans la volonté d'une nouvelle forme de coopération de la France avec des pays qui sont depuis des dizaines d'années ses partenaires.
A ceux qui sont parfois choqués à l'idée de faire des choix, il faut dire qu'aujourd'hui, les grandes entreprises françaises bénéficient de passe-droit pour recruter des cadres supérieurs dans ces pays. Quant aux plus pauvres, la sélection se fait par les risques d'arrestations aux frontières ou, plus dramatiquement, par les centaines de candidats à l'immigration qui se noient en Méditerranée chaque année.

Jasmyne : Dans ce cas, sur quelle notion se baserait-on pour déterminer les pays ainsi "sélectionnés" ?

Malek Boutih : Le choix des pays relèverait des relations économiques et politiques que nous avons avec eux. Cela concernerait à l'évidence et en priorité les pays de l'Afrique de l'Ouest ainsi que ceux du Maghreb. D'autres pays pourraient passer des contrats avec la France, mais ce sont ces premiers qui ont été et seront dans l'avenir les partenaires d'une immigration maîtrisée.

x_1: Que voulez-vous dire par "critère professionnel" ?

Malek Boutih : La notion de critère professionnel est le résultat des discussions et propositions que feront les partenaires sociaux. Exemple : le bâtiment, particulièrement dans les périodes de croissance, a besoin de main-d'œuvre non qualifiée. Les organisations syndicales veilleront à ce que cela ne s'apparente pas simplement à un dumping salarial vers le bas. Des besoins existent dans des professions qualifiées, exemple dans l'informatique, le personnel de santé, qui pourraient être des critères de sélection.
Je propose, pour élaborer ces critères, qu'une commission paritaire, patronale et syndicale, fasse des propositions chaque année, tant en quantité que sur la qualité de l'immigration demandée, mais ce seront les responsables politiques et le gouvernement qui décideront en dernière analyse, sur la base de ces propositions.

Bakr : Une immigration choisie, n'est-ce pas contribuer à vider ces pays pauvres de leurs meilleurs éléments, et donc à les empêcher de se développer ?

Malek Boutih : A votre avis, que se passe-t-il aujourd'hui ? D'après vous, les diplômés dans ces pays-là ne sont-ils pas déjà recrutés par des entreprises, ou ne décident-ils pas eux-mêmes de tenter leur chance ailleurs ? De fait, dans la situation actuelle, les pays en voie de développement perdent énormément de cadres dans la désorganisation de l'immigration. Voilà pourquoi j'insiste pour qu'une nouvelle politique repose sur un contrat avec ces pays permettant que notre intérêt et le leur soient conciliés. Enfin, il existe des dizaines de milliers de jeunes diplômés sans aucune perspective d'emploi dans leur pays d'origine, qui ont besoin eux aussi de l'immigration pour avoir leur chance.


QUOTAS ET INTÉGRATION

Philippe_PATEK : Certains se sont déclarés opposés aux quotas en matière d'immigration, qui créeraient, selon eux, "de nouvelles formes d'exclusion". Qu'en pensez-vous ?

Malek Boutih : Ces gens-là devraient se rendre sur la plage de Tarifa en Espagne, voir chaque matin la police espagnole ramasser les cadavres de femmes, d'enfants et d'hommes victimes de l'hypocrisie actuelle de l'immigration.
Il existe aujourd'hui des quotas qui ne disent pas leur nom, ils reposent sur la règle du plus robuste ou du plus chanceux. Là est pour moi la vraie injustice, la vraie exclusion. Mais il est vrai que ce que le terme "quota" choque ceux qui ne sont pas confrontés à cette réalité.

lin11x: Justement, l'application de quotas ne va-t-elle pas aggraver le nombre de sans-papiers?

Malek Boutih : Il y a souvent une confusion dans ce débat entre quotas et vague massive d'immigration que l'on accueillerait en France. En fait, ce projet permettrait de résoudre le problème des sans-papiers en créant de la transparence dans la politique d'immigration et en organisant ce qui, aujourd'hui, se passe de manière informelle et clandestine.

Richi : Ces discussions ne sont-elles pas illusoires puisque c'est l'Europe qui fait la politique de la France en matière d'immigration ? N'est-ce pas là encore un débat franco-français sans intérêt ?

Malek Boutih : Non, parce qu'aujourd'hui beaucoup de pays européens sont confrontés au même problème que le nôtre. Il est vrai qu'une politique de l'immigration efficace repose sur un accord de nos partenaires, mais aujourd'hui aucun des pays concernés n'a de politique permettant de sortir du cycle clandestinité-régularisation. Voilà pourquoi si notre pays impulsait une telle politique, il y a fort à parier que nos partenaires seraient partie prenante.

liberté_de_circulation_et_d'in : N'y a-t-il pas un risque de sélection des candidats à l'immigration sur des critères moraux et arbitraires ?

Malek Boutih : Paradoxalement, je crois qu'il doit y avoir un critère moral et pour préciser, un critère politique. Pour moi, un immigré qui aurait la chance de bénéficier d'une telle politique devrait s'engager à respecter deux fondements de la République : la laïcité et le respect de l'égalité femme-homme. Je suis choqué quand je vois un étranger qui bénéficie de la démocratie et des progrès de notre pays marier de force sa fille dans son pays d'origine, par exemple. Il y a donc des critères moraux et politiques qui doivent être transparents et démocratiques.

Marie : Vos propositions vont-elles améliorer l'intégration des personnes immigrées en France ?

Malek Boutih : C'est l'une de mes motivations dans ce projet. Après avoir travaillé des années sur l'intégration, j'ai la certitude que ce processus est en permanence fragilisé par l'absence d'une politique d'immigration efficace, démocratique et transparente. Le caractère informel, pénible, du système actuel a de multiples conséquences. La rancœur accumulée par des parents qui ont souffert se transmet aux jeunes générations. Le syndrome du retour fragilise les projets à long terme, l'absence de reconnaissance du pays qui vous accueille déstabilise les enfants nés dans ce pays même et qui se retrouvent "le cul entre deux chaises". Aujourd'hui, au-delà des éléments sociaux, c'est cet état d'esprit qui explique en grande partie les difficultés d'intégration.

Richi : Comment expliquer que la droite présente aujourd'hui des idées neuves et intéressantes en matière d'immigration et d'intégration, alors que la gauche et les socialistes ne présentent aucun projet nouveau ? Où est votre leadership ?

Malek Boutih : Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, je suis de gauche et au Parti socialiste, j'apporte des réponses précises et innovantes, alors que je n'ai entendu qu'une seule personnalité de droite évoquer le besoin de changer de politique d'immigration, très vite contredite par le ministre de l'intérieur et une multitude d'autres responsables.
Une chose est sûre de ce côté-là : il y a une vraie crise de leadership.

Pierre.gentine : Ne faudrait-il pas en parallèle qu'il y ait un véritable effort pour intégrer (éducation, emploi) les personnes immigrées et peut-être là aussi mettre en place un système de quotas ou de discrimination positive, comme c'est le cas aux Etats-Unis ?

Malek Boutih : Il est sûr - que ce soit pour les immigrés ou les Français en difficulté sociale - que notre pays a besoin d'une politique d'innovation sociale qui donne une chance à chacun. C'est d'ailleurs pourquoi, si je suis pour des mesures volontaristes pour ceux qui en ont le plus besoin, prendre le critère ethnique comme on le fait aux Etats-Unis me paraît être une erreur.

Immigration : Quel clivage droite/gauche ?

Julia: Votre position est-elle largement partagée au PS ? Autrement dit, ces propositions seront-elles concrétisées si un gouvernement PS est à la tête du pays ?

Malek Boutih : Il est trop tôt pour le savoir. Je sais qu'au PS, certains partagent mon point de vue. D'autres restent très frileux dès que le mot "immigré" apparaît dans le débat, et je pense que beaucoup doivent être hésitants. Mon objectif est de profiter du débat sur le projet 2007 pour convaincre. Quant à savoir si c'est cette politique qui sera choisie par un gouvernement de gauche, il est trop tôt pour le dire.

Philippe_PATEK : Quelle différence y a-t-il entre les quotas que vous défendez et ceux proposés par Nicolas Sarkozy pour l'UMP ? Cette similitude ne participe-t-elle pas au brouillage du clivage droite/gauche ?

Malek Boutih : Je ne connais pas la différence entre ce que je propose et les quotas évoqués par M. Sarkozy car il n'en a pas donné le contenu. Contrairement à lui, j'ai travaillé plusieurs mois sur un projet de nouvelle politique d'immigration avant de m'exprimer dessus. Je suis certain qu'il y a aura des différences entre sa vision et la mienne.
Le clivage entre la droite et la gauche, ce n'est pas la volonté d'avoir un nouveau débat sur l'immigration mais le contenu des propositions qui seront faites. Il me semble que le faux consensus de ces dernières années sur l'immigration a bien plus troublé les repères que le nouveau débat qui doit s'ouvrir.

(...)

Constance Baudry et Guillaume Pélissier-Combescure
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Haut de page Article rédigé par Y.M - Source : lemonde.fr
 

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