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LES JUIFS NOIRS  Imprimer   Envoyer par mail
 


2 décembre 2010 / 01h16
- Juifs d’Ouganda, l\'improbable voyage

Mardi 30 novembre 2010 2 30 /11 /2010
Ougandais et juifs, leur espoir est d’aller vivre un jour en « Terre promise ». Voyage à l’intérieur d’une communauté partagée entre la nécessité de se soustraire à la misère et l’attachement à la religion.Reportage
Le jour se lève sur la ville de Mbale, proche de la frontière kényane. Dans cette cité à l’architecture coloniale, tout le monde connaît les Abayudaya. Une petite communauté d’Ougandais convertie au judaïsme au siècle dernier et qui vit isolée sur une colline proche des contreforts du mont Elgon. Un guide nous y conduit le long d’un petit chemin en terre rouge qui serpente entre des champs de manioc et de maïs. Soudain, à notre grand étonnement, au milieu de la campagne, entre des masures en briques, apparaît un cybercafé. Un couple d’Occidentaux s’active sur les six ordinateurs flambant neufs du Shalom Shopping Centre. « Nous sommes venus dans cette communauté juive pour les aider à faire fonctionner le serveur Internet, car leurs enfants ont du potentiel pour devenir des chefs. Il s’agit d’un travail bénévole », raconte Nili Selim, une Américaine qui porte fièrement le flambeau de sa judéité.

Le propriétaire du café Internet est l’ancien rabbin Moses Aron, qui a dû céder sa place depuis qu’un autre membre du village, Gershom Sizumo, est devenu en juillet dernier, après des études aux États-Unis, le Premier Grand-Rabbin d’Ouganda.

Cette petite communauté qui compte aujourd’hui 800 citoyens coiffés de la kippa est donc soudain « officialisée » après un siècle d’isolement. Son « identité » juive s’est forgée au cours de la colonisation. Au début du siècle dernier, les Anglais armaient des chefs locaux pour étendre leur influence sur l’ensemble des territoires convoités. En Ouganda, ils avaient jeté leur dévolu sur la tribu des Baganda, membres d’un puissant royaume au centre du pays. C’est donc un militaire baganda, Semei Kakungulu, qui fut envoyé pour conquérir les tribus du sud-est de l’Ouganda pour le compte de l’armée britannique. Grâce à ses armes à feu et à ses talents de diplomate, Semei Kakungulu se trouva bientôt à la tête d’un vaste territoire. Il y fonda la ville de Mbale où il espérait installer le coeur de son nouveau royaume. Mais les Anglais n’avaient pas l’intention de créer de nouveaux roitelets dans leur protectorat. Et Semei Kakungulu, furieux, persuadé d’avoir été trahi par la Grande-Bretagne, s’est retiré en 1919, avec ses troupes, sur une portion des terres qu’il avait conquises. Selon Moses Aron, il se serait alors plongé dans la lecture de la Bible, « surtout de l’ancien testament ».


Kakungulu adhéra bientôt à la secte chrétienne des Bamalaki, qui partageait quelques points communs avec les pratiques religieuses juives, tel que le choix du samedi comme jour de jeûne et de prière (shabbat). Mais « Kakungulu était influent et avait de nombreuses terres ici. Beaucoup de gens ont suivi son exemple et sont devenus juifs. Mais il y a eu un problème de leadership à sa mort et la communauté s’est délitée. » il était confronté à un dilemme: pour s’intégrer à la tribu des Bagisu, majoritaires dans la région de Mbale, il lui fallait convaincre ses troupes de faire un pénible sacrifice: celui de leur prépuce. Car, selon la légende, les Bagisu sont tous circoncis et ils refusaient de se laisser commander par des noncirconcis. Semei Kakungulu trouva alors un argument imparable : le peuple élu était lui-même circoncis! En 1919, il rassembla donc sa famille et se fit circoncire ainsi que ses enfants. Cet acte, plus politique que religieux, fut le début de l’aventure des Abayudaya.
À partir de ce moment-là, tous les nouveaux-nés ont été circoncis dès qu’ils atteignaient huit jours.


Mais, les liens des Abayudaya avec le judaïsme étaient flous. Ce n’est que plus tard, en 1926, après s’être lié d’amitié avec un commerçant juif, que Semei Kakungulu décida d’abandonner dans ses prières toute référence au nouveau testament et à la personne de Jésus. Explications de Moses Aron: « Kakungulu était influent. Il avait de nombreuses terres ici. C’est pourquoi beaucoup de gens ont suivi son exemple et sont devenus juifs. Mais il y a eu un problème de leadership à sa mort, et la communauté, qui comptait alors plus de 2 000 personnes, s’est délitée. »



Dans les années 70, les Abayudaya n’étaient plus que…300. Moses Aron se rappelle : « Idi Amin Dada (tyran ubuesque qui a dirigé le pays de 1971 à 1979, ndlr) avait décidé que tous les juifs deviendraient musulmans ou chrétiens. Dans notre école, on devait travailler le samedi, sinon on était punis par les autorités scolaires. Nous n’avions plus le droit de faire le service religieux. Le gouvernement avait confisqué la synagogue. Beaucoup de gens avaient peur et se sont convertis. Mais aujourd’hui, on voit qu’ils reviennent. Notre nombre augmente.»
C’est la veille du shabbat. Devant le café Internet, des jeunes garçons préparent du pain azyme. Un petit chemin monte jusqu’à la synagogue protégée par de puissants grillages. À l’intérieur, assis sur des bancs en bois, des enfants chantent en hébreu sous la direction de leur professeur. « Ils ont trois cours d’hébreu par semaine. Nous voulons qu’ils soient capables de communiquer avec les gens d’Israël », explique Moses Aron. L’hébreu est pour eux un passeport pour le « nouveau monde », car l’objectif ultime des Abudaya est d’obtenir le « droit au retour » en Israël, un pays où le Produit intérieur brut (PIB) est bien supérieur à celui de l’Ouganda.
Cependant, pour Nili Selim, cette différence de revenus risque d’être le principal frein à une éventuelle intégration de ces Ougandais en Israël. « Les obstacles sont énormes, précise-t-elle. D’abord, ils doivent savoir qu’Israël n’accepte que les conversions orthodoxes ; et puis ils leur faut disposer d’une somme conséquente. Le billet d’avion coûte cher; vivre en Israël aussi ». Mais la plupart des Abayudaya sont fermement décidés à partir.

« Il est très difficile d’être juif et de ne pas être en Israël. Donc, on prépare nos familles pour y aller. La première partira, puis préparera le terrain pour les autres », prédit Moses Aron. Le désir d’émigration est si fort que la petite communauté s’est finalement scindée.

Une partie s’est ralliée à la branche orthodoxe, représentée sur le continent par le Beth Din d’Afrique du Sud, espérant ainsi être officiellement reconnue par l’État juif. Les autres regardent vers les États-Unis. Mais si les « sponsors » sont différents, l’objectif, lui, reste le même: échapper à la pauvreté.

Claude Adrien de Mun, correspondant en Afrique de l’Est
Source : Libellule


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