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PEUPLES EN ESCLAVAGE  Imprimer   Envoyer par mail
 


19 janvier 2005 / 01h13
- Comment l'esclavage devint une institution

C'est en 1619 seulement que les premiers esclaves africains débarquent dans l'Amérique du nord anglo-saxonne.Une main-d'oeuvre profitableJusqu'au début du XVIIIe siècle, les planteurs du Nouveau Monde emploient aussi bien des Européens (les «Bas rouges»,
Les uns et les autres sont soumis aux mêmes règlements. Mais les engagés blancs ne supportent pas le climat et d'année en d'année, leur nombre régresse rapidement cependant que celui des Africains ne cesse de croître.Lorsqu'à la fin du XVIIe siècle, les esclaves deviennent plus nombreux que les colons blancs, ces derniers commencent à élaborer des statuts juridiques contraignants en vue de se préserver des révoltes et... du mélange des races !Interprétant la Bible de façon très abusive, les planteurs anglais voient dans les Africains les descendants de la race maudite de Cham (*).Ils justifient de la sorte un statut d'esclave en complète contradiction avec les idées politiques qui s'épanouissent alors en Europe.

Les planteurs des colonies anglaises qui deviendront plus tard les États-Unis se montrent au demeurant soucieux de bien traiter leurs esclaves.L'historien Pap Ndiaye écrit à leur propos : «Les maîtres appelaient leurs esclaves my people et nombre d'entre eux se considéraient comme des patriarches bienveillants, attentifs au bien-être et à la bonne conduite de leurs esclaves» (*). Mais le sentiment de leur supériorité en vient à instiller chez les Anglo-Saxons et les Français des Amériques un racisme viscéral à l'égard des Noirs.

Le commerce triangulaire
Comme l'accroissement naturel ne suffit pas à couvrir les besoins des plantations américaines en main-d'œuvre servile, il est nécessaire d'importer de nouveaux esclaves en nombre toujours croissant.
Le «commerce triangulaire» devient au XVIIe siècle une source immense de profit, comme aujourd'hui l'exploitation pétrolière. Ainsi que son nom l'indique, ce commerce se déroule en trois étapes :1) Des navires partent de Bordeaux, de Nantes et des autres ports atlantiques chargés de verroterie, d'alcool mais aussi de fusils.2) Dans les comptoirs côtiers africains, les chefs coutumiers reçoivent ces marchandises en échange de prisonniers. 3) Ceux-ci sont échangés en Amérique contre du rhum, du sucre, du tabac ou encore des métaux précieux. Au terme de leur voyage, les navires retournent en Europe, les cales remplies de précieuses marchandises. Les navires des «négriers» effectuent la traversée de l'océan Atlantique en trois à six semaines. Ils contiennent jusqu'à 600 esclaves enchaînés à fond de cale dans des conditions éprouvantes (mais les équipages de ces navires ne sont guère mieux traités et les taux de mortalité des uns et des autres pendant la traversée s'avèrent équivalents !).Quelques centaines de milliers d'esclaves traversent ainsi l'Atlantique au XVIe siècle. Ils sont deux à trois millions au XVIIe siècle, 7 à 8 millions au XVIIIe siècle (le «Siècle des Lumières» !) et encore 3 ou 4 au XIXe siècle.

Une législation inique
A Versailles, à la Cour de Louis XIV, le ministre Jean-Baptiste Colbert est saisi en 1681 de la question de l'esclavage aux colonies en sa qualité de secrétaire d'État à la Marine.Comme il est devenu impossible d'interdire cette pratique, sauf à se mettre à dos la riche bourgeoisie qui vit du commerce triangulaire, le grand Colbert entreprend de la réglementer. Homme de bureau, soucieux de rigueur et de précision, il prépare un texte législatif pour définir officiellement les contraintes qui pesaient sur les esclaves et «limiter» les abus éventuels des propriétaires. Intitulé Edit du Roi sur la police de l'Amérique françoise, le texte est promulgué en 1685 (l'année de la révocation de l'Édit de Nantes !) par le fils du ministre, le marquis de Seignelay. Il sera plus tard connu sous le nom de «Code noir». Jean-Baptiste Colbert, marquis de Seignelay (1651-1690)Secrétaire d'État à la marine sous Louis XIV, il promulgue un texte plus tard connu sous le nom de "Code noir"Par ce texte, le ministre manifeste sa volonté d'encadrer des pratiques ignominieuses à défaut de les interdire(auteur anonyme, châteaux de Versailles et de Trianon)

Jusqu'à la fin du XVIIe siècle, en Europe comme dans le reste du monde, la perpétuation de l'esclavage ne scandalise personne, pas même ceux qui se piquent de philosophie.C'est que cette pratique assure des profits rapides et à moindre effort aux planteurs et aux trafiquants, souvent gens issus de la meilleure bourgeoisie, voire de l'aristocratie éclairée.Au XVIIIe siècle, de grands philosophes comme Montesquieu n'ont pas de scrupule à placer leurs économies dans les compagnies de traite (aujourd'hui encore, la plupart des boursicoteurs ne se soucient guère du caractère éthique de leurs placements).Montesquieu reconnaît avec esprit l'inanité de l'esclavage (*) mais s'en accommode à la façon d'Aristote. «Il faut dire que l'esclavage est contre la nature, quoique dans certains pays, il soit fondé sur une raison naturelle», écrit-il dans L'Esprit des Lois. On retrouve la même résignation à la loi «naturelle» dans l'Encyclopédie de D'Alembert et Diderot (article «Nègres»).La vérité est que l'esclavage se révèle un frein au progrès technique et bien sûr social dans les colonies de plantation (comme plus tôt dans le monde romain et dans le monde musulman). Ni les esclaves ni leurs maîtres n'ont en effet d'intérêt ou de motivation pour élever les rendements et développer des procédés économes du travail musculaire.

C'est seulement à partir de la fin du XVIIIe siècle que les Anglo-Saxons puis les Européens du Continent se préoccupent d'interdire la traite et d'abolir l'esclavage. Le combat contre ces institutions est mené par des ligues d'inspiration chrétienne et philanthropique.L'esclavage est pour la première fois au monde mis hors la loi au Vermont en 1777, dans les jeunes États-Unis d'Amérique. La France des droits de l'Homme s'y résout tardivement, en 1848 seulement.Le dernier pays chrétien à abolir l'esclavage est l'Empire du Brésil, en 1888. Cette mesure d'humanité vaut à l'empereur d'être déposé l'année suivante par la bourgeoisie de son pays !Épisode suivant

Commentaire : la traite, un crime contre l'humanité ?
Le gouvernement français a promulgué le 21 mai 2001 la loi no 2001-434 «tendant à la reconnaissance de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité», à l'égal de la Shoah et des autres génocides du XXe siècle.Elle énonce dans son Article 1er : «La République française reconnaît que la traite négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du xve siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes constituent un crime contre l'humanité».
Cette loi est pavée de bonnes intentions... qui, comme c'est souvent le cas, mènent en enfer !
On peut y voir deux inconvénients majeurs : – Le législateur a pris un soin maniaque à exclure de la condamnation la traite saharienne, pratiquée depuis plus de mille ans par les Arabes musulmans, ainsi que l'esclavage propre aux sociétés africaines elles-mêmes et plus généralement toutes les formes d'esclavage pratiquées par d'autres peuples que les Européens. Voilà une curieuse morale aux relents discriminatoires et racistes...

Assimiler la traite à la Shoah et aux autres génocides du XXe siècle, revient à banaliser et amoindrir gravement la portée du crime contre l'humanité.Si l'on met dans le même sac les génocides et le commerce d'esclaves pratiqué par les Européens du XIVe au XIXe siècles, si l'on disculpe d'autre part les peuples d'Afrique, du Moyen-Orient et d'ailleurs à propos de l'esclavage qu'ils ont eux-mêmes pratiqué (ou continuent de pratiquer), comment pourrions-nous encore concevoir l'inhumanité absolue des génocides ?...André Larané



Haut de page Article rédigé par E.Y - Source : www.herodote.net
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