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PEUPLES EN ESCLAVAGE  Imprimer   Envoyer par mail
 


19 janvier 2005 / 01h19
- l’esclavage dans l’histoire musulmane

L’islam (en tant que civilisation) partage l’insigne privilège, avec l’occident, d’avoir été la seule civilisation à pratiquer la traite industrielle.
La revue L’Histoire a consacré en octobre 2003 un numéro spécial à l’esclavage. Concernant l’islam, Le Monde en fait ainsi le compte-rendu :
Entre le VIIe et le XIXe siècle, environ 17 millions d’Africains auraient été "razziés et vendus par des négriers musulmans". " A elles seules, les traites orientales seraient donc à l’origine d’un peu plus de 40 % des 42 millions de personnes déportées par l’ensemble des traites négrières. Elles constitueraient ainsi le plus grand commerce négrier de l’histoire", écrit l’un des auteurs sollicités par la revue, l’universitaire Olivier Pétré-Grenouilleau.

Le grand journal arabe Al Hayat insiste d’ailleurs sur la coupable "amnésie" du monde musulman à ce sujet :
Comme en témoigne le drame soudanais, les Arabes ont pratiqué l’esclavage sur une large échelle. Pour Al Hayat, il est grand temps qu’ils reconnaissent leur responsabilité.

Bakaru SAMBE, chercheur à l’Institut d’Etudes Politiques de Lyon :
Dès le XIème siècle, ce que les historiens arabes, à l’instar d’Al- ’Umarî et d’Ibn Batûta, ont dénommé Bilâd as-sûdân, (le pays des noirs) est entré en contact avec les Arabes par le commerce touchant surtout l’or, les esclaves la gomme "arabique" et le sel. C’est, peut-être, ce "commerce silencieux" dont parlait Henri Labouret, qui favorisa très tôt l’islamisation de l’Afrique Occidentale, par le Sud marocain. Les richesses de l’Afrique noire ont aussi profité aux célèbres empires médiévaux des Almoravides et même des Almohades . Nous serons, peut être, obligé de reposer l’éternelle question de la relation entre la cause et ses effets.

L’islamisation de l’Afrique Noire doit du reste essentiellement à la traite des noirs par les musulmans (voir Henri Labouret, Histoire des noirs d’Afrique, PUF, 1950, p.36)
Jacques Heers, qui se fonde en grande partie sur le travail des historiens africains contemporains, arrive exactement aux mêmes conclusions (Les négriers en terres d’islam, la première traite des Noirs VII-XVIème siècle, Perrin,2003.) On apprend aussi dans son ouvrage que la castration des esclaves mâles était chose couramment pratiquée.

La revue en ligne Hérodote, créée par des professeurs d’histoire, et travaillant à partir de travaux de références, arrive aux mêmes conclusions
Les esclaves blancs de Bagdad venaient au début des pays slaves encore païens. C’étaient des prisonniers de guerre vendus par les Européens. (...)
On évalue à un million le nombre d’habitants enlevés en Europe occidentale entre le XVIe et le XVIIIe siècle, au temps de François 1er, Louis XIV et Louis XV. En Europe orientale et dans les Balkans, pendant la même période, les Ottomans prélevèrent environ trois millions d’esclaves. (...) La traite arabe a commencé en 652, dix ans après la mort de Mahomet, lorsque le général arabe Abdallah ben Sayd a imposé aux Nubiens (les habitants de la vallée supérieure du Nil) la livraison de 360 esclaves par an. (...)

Les spécialistes évaluent de douze à dix-huit millions d’individus le nombre d’Africains victimes de la traite arabe au cours du dernier millénaire, du VIIe au XXe siècle. « Comparé à la traite des Noirs organisée par les Européens, le trafic d’esclaves du monde musulman a démarré plus tôt, a duré plus longtemps et, ce qui est plus important, a touché un plus grand nombre d’esclaves », écrit en résumé l’économiste Paul Bairoch.

Quant à l’abolition de l’esclavage, faut-il le rappeler ? elle a commencé dans les pays occidentaux :
Chronologie de l’abolition de la traite des Noirs et de l’esclavage
1751 : Les Quakers interdisent l’esclavage au sein de leur communauté.
1792 : Le Danemark est le premier pays à abolir la traite négrière.
1793 : Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue.
1794 : La Convention française abolit l’esclavage dans les colonies.
1802 : Napoléon Bonaparte rétablit l’esclavage.
1807 : Abolition de la traite négrière aux États-Unis et en Angleterre.
1815 : Les puissances européennes, dont la France, décident au congrès de Vienne d’abolir la traite négrière.
1833 : L’Angleterre abolit l’esclavage.
1848 (27 avril) : La France abolit l’esclavage.
1865 : Les États-Unis abolissent esclavage.
1888 : Le Brésil est la dernière colonie à abolir l’esclavage.
1926 : Conférence internationale sur l’esclavage. La Société des Nations adopte une Convention interdisant la traite et l’esclavage.
1948 : Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU.

Les derniers pays à l’abolir officiellement (ce qui ne veut pas dire qu’ils ont cessé de le pratiquer) sont d’ailleurs...les etats musulmans : Arabie Saoudite, 1955 ; Mauritanie, 1980...
La Mauritanie cependant continue de le pratiquer. C’est ce qu’affirme Le Monde diplomatique, pourtant peu suspect d’islamophobie, ou encore, plus sérieux, Amnesty International :
certains intervenants, comme l’organisation antiesclavagiste SOS Esclaves, pensent que le problème de l’esclavage concerne l’ensemble de la société mauritanienne .

Le Soudan , dans un contexte de guerre civile visant à l’écrasement des populations animistes et chrétiennes du Sud (2 millions de morts à ce jour), n’est pas en reste, comme en témoigne le rapport 2002 d’Amnesty International :
Pour sa part, le gouvernement soudanais nie catégoriquement l’existence de discriminations à l’encontre des chrétiens ou de tout autre groupe habitant le pays et essaie de présenter au monde extérieur une façade rassurante. Cependant, de nombreux faits et plusieurs rapports internationaux contredisent ces pieuses déclarations.
Il faut préciser que la presse soudanaise est muselée et peine à dénoncer ces méfaits. Ainsi le 10 mai 2003, le journal Khartoum Monitor était condamné pour cette raison, notamment, pour "insulte à l’islam".
Quand on interdit aux peuples de se plaindre, on a beau jeu, ensuite, de nier l’existence des problèmes.

On peut se référer aussi à ce sujet à l’article de la Revue Politique
Sur le site Rights Free :
En mars 1994, le délégué spécial des Nations-Unies pour les Droits de l’homme, Gaspar Biro, a fait connaître l’existence au Soudan de ce qui pourrait être appelé des marchés d’esclaves modernes. Comme toute marchandise, le prix de la chair humaine au Soudan a varié en fonction de la demande. En 1988, une arme automatique pouvait valoir six ou sept enfants esclaves. En 1989, une femme ou un enfant de la tribu Dinka - une peuplade pastoral du Nil de taille exceptionnellement grande - pouvait être achetée pour 90 $. En 1990, les raids ont augmenté, le marché inondé, et le prix est tombé à 15 $.

En février 1999, l’UNICEF a reconnu que l’esclavage existait au Soudan.
Que dire de l’Arabie Saoudite, qui pratique couramment l’esclavage domestique (source : Amnesty International) :
Le pire des sort est réservé aux nombreuses femmes employées comme domestiques. Leurs conditions de vie s’apparente à l’esclavage, elles sont privées de leur passeport, ne peuvent sortir de la maison sans autorisation, ne peuvent fréquenter d’autres personnes et sont régulièrement battues et violées. Dans la très grande majorité des cas, ces abus ne font l’objet d’aucune poursuite et les employeurs sont encouragés par cette impunité.


L’esclavage dans les sources musulmanes

L’esclavage dans le Coran
(16,71)
Allah a favorisé les uns d’entre vous par rapport aux autres dans [la répartition] de Ses dons. Ceux qui ont été favorisés ne sont nullement disposés à donner leur portion à ceux qu’ils possèdent de plein droit [esclaves] au point qu’ils y deviennent associés à part égale. Nieront-ils les bienfaits d’Allah ?
(2,221)
(...) et certes, une esclave croyante vaut mieux qu’une associatrice, même si elle vous enchante (...)
(4,3)
Il est permis d’épouser , deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n’être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez...
(4,36)
Agissez avec bonté envers (...) les esclaves en votre possession
L’esclavage dans les hadiths :
Muslim 1663 :
Selon Jâbir (qu’Allah soit satisfait de lui) : Un homme de la tribu `Udhra a promis l’affranchissement à son esclave après sa mort. Ceci parvint à la connaissance de l’Envoyé d’Allah (pbAsl) qui demanda à l’homme : "Possèdes-tu d’autre bien ?" - "Non", répondit l’homme - "Qui désire l’acheter ?", dit le Prophète (pbAsl) en s’adressant aux fidèles. Na`îm ibn `Abd-Allah Al-`Adawî l’acheta à huit cent dirhams. Il apporta la somme à l’Envoyé d’Allah (pbAsl) qui l’avait remise à l’homme en lui disant : "Commence par faire la charité à toi-même, s’il en reste quelque chose, dépense-la au profit de ta famille, s’il en reste encore, dépense-la au profit de tes proches, enfin s’il en reste encore, dépense-la par-ci et par-là". Il voulut dire : "Aux besogneux qui t’entourent de droite et de gauche".
On notera ici que le Prophète (pbsl) dissuade le fidèle de libérer l’esclave et lui conseille de le vendre.
Un autre bel exemple de l’ardeur de Muhammad à libérer les esclaves :
Muslim 1666 :
Maymûna bint Al-Hârith (qu’Allah soit satisfait d’elle) a transmis qu’ elle avait affranchi une femme esclave au temps du Prophète (pbAsl). Comme elle lui raconta ce qu’elle avait fait, le Prophète (pbAsl) lui dit : "Eh bien ! Si tu en avais fait don à tes oncles maternels, cela t’aurait valu une meilleure récompense".
Muslim, 3210 :
D’après ’Abû Hurayra et Zayd ibn Khâlid Al-Juhanî (qu’Allah soit satisfait des deux), Un homme des Arabes vint trouver l’Envoyé d’Allah (pbAsl) et lui dit : "O Envoyé d’Allah, je te le demande au nom du Seigneur, ne décide pour moi que d’après le Livre d’Allah". - "Oui, dit son adversaire qui était plus instruit que lui, décide entre nous d’après le Livre d’Allah et donne-moi la parole". - "Parle", lui dit l’Envoyé d’Allah (pbAsl). - "Mon fils, dit l’homme, était employé chez cet homme et il a abusé de sa femme. Comme on m’avait raconté que mon fils méritait d’être lapidé, je l’ai racheté de ce châtiment en donnant cent brebis et une esclave. Des gens illuminés que j’ai consultés ensuite m’ont appris que mon fils ne méritait que cent coups de fouet et un an d’exil et que c’était la femme qui devait être lapidée". - "Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, s’écria l’Envoyé d’Allah (pbAsl), je vais décider entre vous d’après le Livre d’Allah : on va te rendre tes cent brebis et ton esclave , et ton fils doit recevoir cent coups de fouet et être exilé pendant un an. O ’Unays, va trouver la femme de cet homme et si elle avoue sa faute, lapide-la". ’Unays se rendit auprès de la femme qui fit des aveux et l’Envoyé d’Allah (pbAsl) donna l’ordre de la lapider. Ce qui fut fait.
On admirera par ailleurs la grande clémence du prophète qui conseille la lapidation d’une femme.
Muslim, 3183 :
D’après ’Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui), Deux femmes de Hudhayl s’étant disputées, l’une d’elles frappa l’autre et lui fit faire une fausse couche. Le Prophète (pbAsl) décida qu’il y avait à payer comme compensation un esclave homme ou femme de bonne qualité.
Muslim 3138 :
D’après ’Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui), ’Abû Al-Qâsim (pbAsl) a dit : "Celui qui accuse son esclave d’adultère subira la peine prescrite au Jour de la Résurrection, à moins que l’accusation ne soit vraie".
Muslim 1631 :
D’après ’Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui), le Prophète (pbAsl) a dit : "Le musulman ne doit pas verser une aumône légale, ni pour son cheval, ni pour son esclave".
Muslim 166 :
’Abû Hurayra (qu’Allah soit satisfait de lui) a dit : Nous sortîmes avec le Prophète (pbAsl) pour la conquête de Khaybar et Allah nous accorda la victoire. Pourtant, nous n’eûmes pour butin ni or ni argent, mais surtout des objets, des aliments et des vêtements. Nous prîmes ensuite avec l’Envoyé d’Allah la direction de Wâdî Al-Qurâ. Celui-ci (pbAsl) était accompagné d’un esclave que lui avait donné Rifâ`a ibn Zayd, originaire des Judhâm de la tribu des Banû Ad-Dubayb. A Wâdî Al-Qurâ, cet esclave fut atteint d’une flèche pendant qu’il ôtait la selle de l’Envoyé d’Allah (pbAsl). Les fidèles s’écrièrent alors : "Heureux homme ! Il est martyr, ô Envoyé d’Allah !" - "Pas du tout, répondit le Prophète (pbAsl). J’en jure par Celui qui tient l’âme de Muhammad en Son pouvoir, certes la pèlerine qu’il a dérobée du butin au jour de Khaybar -avant le partage- lui consumera le corps !". A ces paroles, les fidèles furent choqués. Un homme vint alors trouver le Prophète, tenant à la main un ou deux courroies de sandales. "O Envoyé d’Allah ! Voilà, dit cet homme, ce que j’ai dérobé au jour de la prise de Khaybar". - "C’est une courroie de feu (ou ce sont deux courroies de feu)", dit le Prophète.

Que l’occident se soit rendu coupable de la traite des noirs et du commerce triangulaire est une chose que nous admettons sans difficulté. De la bouche même d’Al-Mawdudi : "Les livres écrits par les auteurs occidentaux eux-mêmes témoignent de ces faits."
On regrette que le même effort critique ne soit pas produit par les auteurs musulmans.

[1] né en 1903 à Aurangabad et mort en 1979 à Lahore




Haut de page Article rédigé par E.Y
 

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