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5 juin 2011 / 16h54
- NE MANQUEZ PAS LA BD LE CHAT DU RABBIN Tome 5 : JERUSALEM D\'AFRIQUE

de Joann Sfar (Auteur), Brigitte Findakly (Auteur) Devoir de tolérance et l\'intolérance de certains extrémistes toutes religions et toutes ethnies confondues
Le mari de Zlabya, la fille du rabbin, a commandé des livres, et voilà que c\'est un Russe qui débarque. Tout blond, qui parle en cyrillique, un vrai Russe, sauf qu\'il est juif, quand même. Et peintre. Forcément, ça fait des histoires. Surtout que personne ne comprend rien à son charabia. Sauf le chat, qui ne se fait pas mieux entendre. Heureusement, la très minuscule communauté russe d\'Alger compte un certain Vastenov, Russe aussi mais du genre blanc, vieux, et sanguinaire.

Et ce Russe blanc là s\'ennuie. Ça tombe bien : l\'artiste ashkénaze a envie de voir du pays. D\'ailleurs, s\'il a atterri à Alger, c\'est par erreur. Lui visait Jérusalem, en Éthiopie. Si les bolcheviques disent qu\'elle existe, c\'est que c\'est vrai : ces gens-là sont bien renseignés, surtout quand ils projettent d\'exiler leurs juifs sous d\'autres latitudes. Va pour Jérusalem d\'Afrique. À bord d\'une autochenille Citroën, les Russes, le rabbin, son chat et le cheikh Sfar, qui passait par là, s\'embarquent pour un périple qui leur fera, entre autres, croiser des bédouins un peu à cheval sur les principes religieux, un reporter belge féru d\'hygiène et une jolie serveuse. Il y aura des drames, du suspense, des surprises, des bagarres et de la rigolade.

Et surtout la grâce irrésistible d\'un conteur sans égal et le charme d\'un récit engagé, l\'air de rien. Avec cette Jérusalem d\'Afrique, Joann Sfar signe le cinquième volume des aventures du Chat, qui miaula ses premiers mots en 2002.
* Editeur : Dargaud (7 décembre 2006)
* Collection : Poisson pilote


Après un \"Paradis terrestre\" (2005) dont même les plus fanatiques zélotes de Joann Sfar admettent qu\'il n\'atteignait pas les sommets que son titre promettait, le Chat du Rabbin nous revient en pleine forme avec ce quasi double album (plus de 80 p) explicitement consacré à la lutte contre le racisme. Le rabbin, le chat, le cheikh Sfar et un ashkénaze expulsé de la Russie révolutionnaire parcourent l\'Afrique, de l\'Algérie à l\'Ethiopie (avec un curieux détour, que la logique n\'explique pas, via un pays subsaharien) afin de trouver un pays mythique, qui rappelera aux amateurs de Kipling et Huston le Kafiristan, et où des hommes noirs pratiquent un judaïsme immémorial. Il faut saluer le fait que notre chat a retrouvé la parole - mais regretter que sa maîtresse Zlabya soit quasi absente. Il faut aussi se réjouir du message, quitte à regretter son évident simplisme (les hommes s\'aimeraient tous les uns les autres s\'ils n\'appartenaient à des peuples qui ne cessent de se détester). La méchante (et très drôle) page sur Tintin fera couler beaucoup d\'encre, en irritant les tintinophiles qui crieront au sacrilège et en satisfaisant d\'une manière un peu démagogique les indigènes de la République et leurs épigones. Attaquer Hergé sur Tintin au Congo, c\'est un peu céder à la facilité (travers auquel Sfar cède souvent).
Le prochain album sera une fantaisie érotique. Espérons qu\'on y verra la jolie Zlabya.

Déjà le numéro 5 et toujours le même plaisir, avec un nouveau personnage le juif de Russie qui permet de comprendre les différences entre Séfarade et les Ashkénaze.



Le Chat du Rabbin, «une leçon de tolérance»

Mots clés : Bande-dessinée, Cinéma, Religion, Joann Sfar, Marc-Alain Ouaknin

PAR MARC-ALAIN OUAKNIN
31/05/2011 | Mise à jour : 18:22

Avec l\'humour et l\'œil décapant de Joann Sfar, c\'est une métaphysique du temps linéaire et progressif de la vérité religieuse qui est mis à mal, c\'est toute une théorie de l\'histoire des religions qui vole en éclat. Crédits photo : DR.
Disciple de Levinas, le rabbin philosophe et écrivain Marc-Alain Ouaknin livre son sentiment sur le film de Joann Sfar.


«L\'œuvre d\'art, disait le philosophe Alain, ne relève pas de la catégorie de l\'utile. Si l\'on veut juger de sa valeur, on doit donc se demander non à quoi elle peut servir, mais de quel automatisme de pensée elle nous délivre.» En ce sens Le chat du rabbin constitue une formidable œuvre d\'art, car ici, l\'intelligence, l\'humour et l\'esthétique nous délivrent de manière radicale d\'un ensemble de préjugés néfastes, sur Dieu et la religion, la supériorité des religions les unes par rapports aux autres, et sur la simplicité des sentiments.

Impertinence sémantique, (car les chats et les rabbins ne forment pas un couple classique dans la tradition juive, et le mot n\'apparaît pas une seule fois dans le texte biblique), le chat est une façon de faire un pas de côté pour regarder la réalité différemment, une façon de se détourner des chemins déjà tracés de nos perceptions et nos compréhensions du monde. En fait, le chat n\'est ni pour ni contre, mais il est invitation à penser à nouveau, au-delà des modes, des clichés, des formules et des idées toutes faites. Sagesse d\'un regard neuf. Et en cela emblématique de la posture artistique. Le chat offre un autre langage, radicalement autre, ni animal ni humain, tout simplement chat! Comme si le chat donnait corps à une phénoménologie de l\'essence du vivant, qui excède toutes les catégories, dont le personnage le plus proche, dans l\'œuvre de Sfar, est la femme.

Le Chat du rabbin ce sont les fables de La Fontaine revisitées, un retour dans l\'Algérie des années 30 avant l\'indépendance, et le traumatisme de l\'«Exode» des années 60 trop souvent passé sous silence, le soleil et la mer, les croyances populaires et la philosophie, la cohabitation des juifs, des chrétiens et des arabes, l\'amour, le désir, l\'érotisme, et une grande leçon de tolérance. Non seulement la tolérance par supériorité et condescendance, mais la tolérance de la tolérance, la compréhension de l\'autre par l\'écoute humble et vraie de son histoire, de son imaginaire, de ses récits et de son identité. Ce terme d\'identité, à ne justement pas entendre comme le fait que tous soient identiques, mais que tous aient le droit à la différence. Ni exotisme, exclusion ou rejet, mais altérité qui rend la vie colorée et l\'esprit curieux.

Voici une œuvre pleine de sensualité, c\'est-à-dire pleine d\'une exaltation des sens, de la lumière, des couleurs et des saveurs, de l\'intelligence aussi, une œuvre qui donne l\'impression de retrouver, sans nostalgie aucune, un lieu que nous n\'avons jamais connu et dont pourtant nous avons toujours rêvé. Voici une œuvre qui réussit ce tour de force à rendre vraisemblable une relation entre un chat et des humains, tour de force qui est aussi celui du récit, du trait du dessin, des couleurs et des dialogues.

Avec l\'humour et l\'œil décapant de Joann Sfar, c\'est une métaphysique du temps linéaire et progressif de la vérité religieuse qui est mis à mal, c\'est toute une théorie de l\'histoire des religions qui vole en éclat. Celui qui vient en dernier n\'est pas mieux que celui qui vient en premier. Le christianisme n\'est pas mieux que le judaïsme parce qu\'il viendrait après «pour l\'accomplir», comme l\'islam n\'est pas mieux que le judaïsme et le christianisme, une troisième religion comprise comme un progrès ultime. Ainsi, l\'inverse le judaïsme, venu en premier dans l\'univers des religions monothéistes, ne doit s\'arroger aucune gloire de cette primauté. C\'est sans doute ce que Jésus de Nazareth disait avec humour, «les premiers seront les derniers» et vice versa.

Ce que font éclater les personnages du chat, du perroquet, de la belle Zlabya et de ses prétendants, du cheikh et du rabbin, des peintres, des musiciens, du lion, de l\'âne et de Dieu, c\'est la notion de Vérité. Ils la mettent en morceaux, ils en soulignent le danger et le leurre, sa manipulation et son utilisation idéologique. Mais au lieu de produire un discours philosophique et critique sur cette question mille fois énoncée et mille fois oubliée, c\'est un récit mis en images qui est proposé, un récit qui questionne d\'emblée l\'image elle-même, qui interroge la représentation et son pseudo interdit. Un récit où la métaphysique est lecture, interprétation, désir, érotisme, et non seulement lois, rites et spiritualité méditative.

J\'aime ce chat follement amoureux de sa maîtresse, ce chat à la recherche de câlins, ce chat vivant, sautillant, dansant (n\'est-ce pas lui qui aurait dit «Je danse donc je suis?»), ce chat simple, honnête, ce chat jaloux, ce chat talmudique, ce chat historien, ce chat parfois naïf mais toujours plein de bon sens.

On s\'attache à ce chat qui pousse les humains dans leurs contradictions, sans méchanceté, sans perversité, un chat toujours en situation, d\'où sa crédibilité, un chat qui sait nous faire réfléchir sans superficialité à l\'amour, l\'égoïsme, la trahison, la violence, la transgression et les conflits toujours latent entre les générations et les différentes cultures.

Le chat est la conscience critique que chacun porte en soi. «On a tous quelque chose en nous d\'un chat du rabbin», un chat qui parfois se tait par ignorance ou par manque de courage, par prudence ou par respect des anciens, jusqu\'au jour où l\'on s\'aperçoit que les anciens peuvent, certes être sages et savants, mais somme toute qu\'ils sont humains comme nous, fragiles, avec leurs peurs, leurs désirs, leurs frustrations, leur bêtise et leurs colères. Qu\'ils peuvent aussi être prisonniers de leur propre idéologie et devenir de simples perroquets de la tradition, sans innovation, sans confrontation à la modernité, aux changements sociaux, technologiques, philosophiques et politiques. Ce jour là, notre chat intérieur s\'éveille, prend son courage à deux pattes, mange le perroquet et commence à parler.

Dialectique du chat et du perroquet, dialectique difficile entre tradition et nouveauté, entre vérité et sens, qui va se déployer dans un dialogue permanent, parfois impertinent, dans des discussions où il ne s\'agit pas d\'avoir tort ou raison, mais avant tout d\'être capable d\'écouter, c\'est-à-dire d\'être capable de respect. Dans des discussions où l\'on accepte aussi, surtout, de s\'être trompé, de se remettre en question!

Ainsi, je dois avouer qu\'il y a quelques années Joann Sfar m\'avait demandé de faire une petite préface pour le premier tome du «chat». J\'avais refusé. Sans doute sa générosité fait qu\'il a oublié. Moi pas. Je pensais que ce chat se moquait des rabbins, des juifs et du monde entier. Mais j\'ai eu la chance d\'avoir un entourage qui m\'a fait comprendre la leçon du protégé de la belle Zlabya.

Le chat du rabbin ne se moque pas des religions, ni des juifs, ni des rabbins, ni de personne, mais tient la position du critique, d\'une vigie face à toutes les dérives et les déviances de l\'humaine condition. Sa critique n\'est pas destructrice mais lucide et tendre. Car il y a beaucoup de tendresse dans cette œuvre, sans mièvrerie, sans consensus mou, sans globalisation théologique. Nous ne sommes pas dans «tout le monde est gentil et beau», mais dans tout le monde a la capacité de penser, de réfléchir, de s\'interroger, de trouver de nouveaux chemins de vie, de chercher à construire un monde plus doux et plus tranquille, plus passionnant et plus fécond, plus ouvert et plus tolérant.

C\'est cela faire sa bar-mitsva, c\'est cela que désire faire le chat, grandir, non pas dans la solitude, l\'enfermement et la folie d\'avoir raison, mais dans la rencontre et l\'ouverture, la lecture infinie des textes, la joie de leurs confrontations et de leurs interprétations.

Molière sera sans doute heureux d\'apprendre que le petit chat n\'est pas mort, ou en tout cas qu\'il est ressuscité!

Notre chat philosophe écrit peut-être ici quelques nouveaux traités du Talmud, en tout cas, un chapitre important de la «Critique de la raison féline», qui sera je n\'en doute pas, très bien compris des enfants, et, espérons-le, aussi de leur parents.

Petite bibliographie:Lire aux éclats, Éloge de la caresse, Point/seuil, 2010, La Tora expliquée aux enfants, Seuil, 2010, et en collaboration avec Françoise-Anne Ménager, Bar-Mistva, un livre pour grandir, Editions Assouline, 2005.

LIRE AUSSI :

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Haut de page Article rédigé par .A - Source : Juif.org
 

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