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JUIFS ET NOIRS MINORITAIRES EN OCCIDENT  Imprimer   Envoyer par mail
 


16 septembre 2007 / 19h39
- L’avant-garde a toujours été minoritaire

Dans notre société d’indifférence massive, ceux qui n’y arrivent pas sont montrés du doigt. L’identité humaine ne va plus de soi.
Elle est attaquée en son centre vital par l’idéal consumériste qui nourrit un faux manque existentiel pour le système marchand. La communicabilité mécanise nos relations, et exacerbe un individualisme davantage subi que voulu. Dans notre nudité solitaire, un sentiment de désolation nous habite. Après la raison pure, on redécouvre la sensibilité et on constate que l’humanisme est un lien fragile et infiniment vulnérable. D’où la nécessité d’une mémoire à protéger.

Ce qui se joue c’est le sens de notre aventure humaine et la recherche de solution au problème de la destinée. La spiritualité est convoquée dans ce rôle défini, mais quand on a perdu la foi, dans le désabusement il ne reste que la fidélité. Cette mémoire, c’est ce qui nous dépasse et nous met en relation avec l’infini, ici et maintenant au cœur de l’éternité.

En réalité, il n’y a pas de sens sans histoire, sans temporalité. La génétique nous explique notre vulnérabilité et devient une promesse de greffe d’organes. Malheureusement elle ne pourra jamais nous greffer une histoire. Sous le nouvel angle d’approche identitaire de descendants d’esclaves revendiquée, nous étions présents lors de la cérémonie à la mémoire des victimes de la rafle du Vel’ d’Hiv le 22/07/2007. La République française par la voix du Premier ministre François Fillon a affirmé « qu'oublier c’est commencer à mourir ». Vu notre passé, on peut dire que ce message ne nous était pas destiné. Mais avoir entendu ce discours provoqua des réparties ironiques.

Voilà que dans notre déluge d’infidélités, des êtres qui n’étaient rien nouent des liens avec notre présent. Notre cœur est livré sans frein ni loi à une nouvelle passion lorsque nous découvrons dans un document officiel, la formule consacrée « Une telle née en cette île, âgée d’environ…., inscrite précédemment sur le registre matricule de la dite commune sous le n° demeurant sur l’habitation Untel sise en la dite commune, à laquelle nous avons donné le nom patronymique de … » des signes du réel qui nous ramènent au souvenir de l’enfer de l’esclavage.

L’ombre écrasante de la matrifocalité plane quand nous ressuscitons la vie d’une mère et ses six enfants de père inconnu, attributaire du nom de famille qui fonde notre identité juridique. Nous avons retrouvé notre ADN. Nous avouons qu’il nous serait très difficile de définir ce moment étrange où surgit devant nous cet ancêtre esclave. Cet être qui incarnait à nos yeux l’obscurité absolue. C’est l’autre face de l’esclavage, qui fut pendant longtemps moins connu de nous. Un horizon à conquérir pour tenter de d’éclairer le chaos de leur vie, et cerner au plus près l’histoire des individus. Ces créatures purifiées par la souffrance comme l’était Jésus-Christ. Une affiliation collective qui a été évacuée se révèle à nous, individus sans liens ne sachant que ce que ceux qui nous gouvernent nous autorisent à connaître.

Le réel finit toujours par se venger. La rencontre avec la généalogie intervient comme une figure essentielle du basculement dans l’histoire d’une identité. Elle remplit la fonction de faire éclore la vérité, aussi terrible soit-elle. La généalogie nous permet d’accéder à un univers de conservation de l’espèce, nous permettant d’habiter un abîme. Nous cessons de marcher vers la honte infecte, cette nouvelle existence englobe passé, présent, et futur. Enfin, la généalogie donne un sens à la mort, elle fait vivre la construction humaine dont nous ne sommes que l’expression passagère.

Des descendants d’esclaves, la postérité avait retenu le souvenir d’un groupe humain dévoué, à combler sa faille narcissique et à lutter contre son invisibilité publique. Si on prend de la distance ils se sentent abandonner, et si on s’occupe trop d’eux ils se sentent persécuter. Comme des enfants, ils vivent dans le présent immédiat. Chez eux le rapport aux ancêtres était un rapport de répugnance pour l’esclavage. Parce que l’homme était étalé dans toute son humiliation, il était plongé dans l’abject avilissement et dans l’étreinte rugueuse de l’ignorance crasse. On s’identifie toujours à quelque chose dont on peut être fier. L’esclavage était à l’époque ce qu’il s’agissait de dépasser au profit de la construction d’une humanité. L’esclave affranchi avec la religion pour mémoire, avait à revêtir les habits de l’humain, de se reformuler dans la langue républicaine impersonnifiante érigée en valeur suprême pour se déguiser en citoyen.

En réalité, l’oubli institutionnel était un bouc émissaire qui vivait pour nous soulager de notre trouble d’affiliation en nous déresponsabilisant de nos propres échecs. Car cet esclavage ne fut aucunement ignoré par ceux qui nous ont précédé. Le croire est une violence injustement faite aux survivants. A l’époque il n’y avait aucune cellule psychologique pour traduire en mots l’inhumanité vécue. Oublier était le seul moyen de se construire une identité. L’esclave devait transformer ce chaos en soleil neuf. Il fallait se socialiser dans l’impossibilité de faire le deuil.

Avec le rêve de réussite sociale, il usurpa une identité en vivant de signes extérieurs et d’accumulation de biens matériels. Toute relation de causalité était détruite dans la fécondité de son désir à ressembler aux détenteurs du pouvoir afin de partager leur humanité. Certains se sont assignés à d’autres identités héritées d’impostures justifiées par des mensonges, parce qu’être descendant d’esclave était une figure impossible à assumer. En vérité jamais nous ne nous sommes délivrés de ce passé. Cet esclave vit en nous, c’est la flamme de notre vie, nous avons le «mandant transgénérationnel inconscient ».

Aujourd’hui, l’impératif supérieur de sortir de cette terre de misère n’est plus là pour guider nos obligations. Nous sommes métaphysiquement émancipés, nous assistons à un changement d’optique, car notre génération a pu ouvrir la porte des ancêtres esclaves et revisiter le passé. Ils ne sont plus maudits et dégradés, leur courage nous écrase et nous sommes leurs débiteurs. Nous avons transformé la relation de représentation entre des Antillais redéfinis dans leur mode de fonctionnement et des ancêtres esclaves redéfinis dans leur justification d’existence. Avec cette réappropriation notre discours de descendants des esclaves est devenu implacablement audible. En revanche, cette réappropriation réclame la promotion d’un devoir de mémoire sans autre borne que le respect de la loi.

Depuis sept ans l’esprit du 23 mai n’a pas été semé en vain. C’est la réhabilitation d’un vrai moi destiné à guider la conduite quotidienne de notre existence. Ce renouvellement du regard appelle à se redéfinir par l’intérieur. Cette initiative nous procure une assurance qui draine notre énergie vitale. Et a peut-être converti notre soumission spontanée en liberté. Grâce à ce sentiment d’appartenance, nous avons extirpé l’histoire à laquelle ont participé nos parents de la gangue officielle que plusieurs décennies d’un déni de réalité, avaient réussi à lui imposer. Maintenant elle est regardée autrement, et c’est beaucoup plus qu’un phénomène intellectuel cela ne laisse pas de place au doute.

En effet, au fil du travail du CM98, n’hésitant pas à s’exposer et à s’entremettre pour rétablir la vérité, La figure servile est devenue plus éclairante, et la matrice première et originaire de notre identité. Les esclaves étaient rien, ils sont devenus tout. En valorisant l’historique nous avons renoué les fils du passé avec une volonté prométhéenne. En 1998, nous sommes entrés dans l’espace public en tant que descendants d’esclaves, c’est la particularité qui nous a défini, et qui nous a permis d’être en relation avec les autres et ce sont ces repères qui nous situent vis-à-vis d’eux dans nos dialogues pour tenir notre place. Le discours identitaire du Lanmèkannfènèg ne se complaît pas dans une posture intellectuelle censée convenir au sérieux de la République libératrice. Et dans lequel se perd l’héritage du rôle qu’ont joué les esclaves dans notre fabrication. Maintenant nous avons la preuve irréfragable de notre affirmation de Français descendants d’esclaves. "Alèkilé Lanmèkannfènèg chouké".

Quoi qu’il advienne, force est de constater que le 23 mai est une célébration de l’histoire française, n’en déplaise aux cassandres, aux cerveaux fertiles et aux grincheux. La journée nationale du souvenir des victimes de l’esclavage colonial n’est pas une récompense, mais un dû. L’identité Lanmèkannfènèg est inséparable de la volonté de se faire reconnaître en tant que composante de plein droit de la communauté nationale. Partager le 23 mai, c’est comme faire une déclaration d’amour. Evidemment nos pires ennemis resteront toujours la résignation et la médiocrité. Nous n’acceptons plus notre sort avec enthousiasme.

Majiko DITONAM le 02/09/2007
http://cm98.over-blog.org/article-12337823.html


Haut de page Article rédigé par Y.M - Source : www.cm98.org
 

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