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JUIFS ET NOIRS MINORITAIRES EN OCCIDENT  Imprimer   Envoyer par mail
 


6 novembre 2008 / 14h01
- Minorités : rêve américain, réalités françaises

Par Esther Benbassa *04/11/2008 Le Figaro Pour Esther Benbassa*, directrice d'études à l'École pratique des hautes études, enseignant actuellement à New York University, la campagne d'un Barack Obama invite à réfléchir à la place des minorités en politiq
Aux États-Unis et en France.

Fils d'un père kényan de confession musulmane et d'une mère américaine blanche, Obama est aussi issu, pour moitié, de l'immigration. Il n'est pas au sens strict, à la différence de son épouse, un African American, l'un de ces Noirs natifs des États-Unis descendants d'esclaves. Il est cependant ce métis incarnant le rêve américain, offrant ou censé offrir aux plus méritants et aux plus travailleurs la possibilité de réussir. Même si cette promesse est restée non tenue pour des millions d'immigrés, elle ne leur en a pas moins insufflé la force nécessaire pour donner corps à la première puissance mondiale. La candidature d'Obama ranime le rêve, cette fois pour toutes les minorités du pays. Et son élection représenterait indéniablement un tournant symbolique non seulement à l'intérieur du pays, mais aussi ailleurs dans le monde.

Elle s'inscrirait dans le sillage du Civil Rights Act de 1964, du National Voting Rights Act de 1965, qui ont fait des Afro-Américains des citoyens de plein droit, et surtout dans celui de cette «action positive» (affirmative action) que nous appelons injustement en France «discrimination positive». Certains de nos compatriotes tendent à croire qu'elle consiste à privilégier les minorités dites visibles dans divers secteurs aux dépens des «autochtones», contribuant ainsi à la communautarisation. De surcroît, dans «discrimination positive», le mot discrimination ôte toute positivité à cette politique susceptible d'aider à la formation de nouvelles élites et à la création de cette cohésion sociale, facteur de stabilité, à laquelle aspirent, pourtant, nos responsables politiques.

Les mesures prises aux États-Unis en faveur de cette mobilité sociale si nécessaire à toute démocratie moderne ont permis l'émergence d'une classe moyenne et d'une élite noires, sans pour autant, bien sûr, achever le règlement de la question noire ni mettre fin au racisme. Pour diverses raisons liées à l'histoire de leur immigration et de leur positionnement dans la société américaine, les Hispaniques n'ont pas pu profiter de la même manière que les Noirs de cet ascenseur social. Les Asiatiques, eux, constitueront les élites de demain avec un taux de fréquentation des universités prestigieuses d'environ 40 %, en particulier en Californie.

On a beaucoup souligné le caractère «exceptionnel», foncièrement nouveau, de cette candidature. Certes, peut-être pour les États-Unis. Mais pas autant que cela vu de France, un pays qui a de longue date laissé accéder aux plus hautes responsabilités de l'État nombre de Juifs, membre de la seule vraie minorité «ethnico-religieuse» du pays au XIXe siècle, émancipée en 1790-1791, une première en Europe. Dès 1848, juste avant la révolution, Michel Goudchaux devient ministre des Finances, suivi après la révolution par Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, puis Achille Fould, ministre des Finances. Leurs successeurs seront nombreux. La France aura aussi été le seul pays en Europe à faire présidents du Conseil - à une époque où leurs attributions étaient proches de nos présidents actuels - trois Français juifs : Léon Blum, René Mayer et Pierre Mendès France. Plus tard, Laurent Fabius, d'ascendance juive, prolongerait à sa façon la lignée.

Pourquoi cette France qui, hier, a su faire leur place aux Juifs, ne promeut-elle pas aujourd'hui de candidats issus cette fois des «minorités visibles» ? Pourquoi ces socialistes qui, dans le passé, firent accéder des Juifs aux plus hauts postes, demeurent-ils si réticents face aux Français issus de l'immigration ? Croient-ils devoir se contenter de l'idée qu'ils ont d'eux-mêmes - éternels champions de la lutte contre les discriminations - et ne plus contribuer à faire à nouveau bouger les lignes ? Ou cette gauche qui s'ingénie à se chercher a-t-elle vraiment perdu le ressort du changement ?

Certes, de son côté, le président Sarkozy a ouvert les portes du gouvernement à des Françaises d'origine immigrée. Cette percée, significative, sera-t-elle durable et étendue ? Imagine-t-on vraiment demain un candidat à la présidence d'origine arabo-musulmane, noire, tsigane ou simplement portugaise ? Qu'il soit élu ou non cette semaine, le parcours américain d'Obama pourrait aider à faire sauter quelques verrous. Les politiciens de tout bord auraient intérêt à reconsidérer sans fausse pudeur la stratégie de la «discrimination positive». Une nouvelle dynamique, un déblocage de l'ascenseur social paraissent indispensables. Ce que la France a pu faire avec ses Juifs, bien avant les États-Unis, pourquoi ne le ferait-elle pas avec ses «minorités visibles» ? This is the change we need…, comme diraient les partisans d'Obama.

* Dernier ouvrage paru : «Dictionnaire des mondes juifs» (Larousse, 2008)
http://www.lefigaro.fr/debats/2008/11/08/01005-20081108ARTFIG00003-minorites-reve-americain-realites-francaises-.php



Haut de page Article rédigé par E.Y - Source : lefigaro.fr
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