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JUIFS ET NOIRS MINORITAIRES EN OCCIDENT  Imprimer   Envoyer par mail
 


6 novembre 2008 / 15h26
- Obama interpelle une classe politique française toujours très frileuse sur les minorités

Mercredi 5 novembre, 20h57 AFP Benjamin SPORTOUCH
La classe politique française qui, dans son ensemble, s'est réjouie de l'élection de Barack Obama a du mal à ouvrir ses portes aux minorités, toujours sous-représentées au niveau local et quasi absentes à l'échelon national.

Les élus "beurs" et "blacks" - représentant généralement l'Outre-mer - ne sont qu'une poignée au Parlement.

A l'Assemblée, il n'y a ainsi qu'une députée noire élue de métropole. Le Sénat compte trois élues d'origine maghrébine.

Depuis peu sénatrice des Bouches-du-Rhône, Samia Ghali fait partie de ces exceptions, mais il ne lui a pas été aisé de s'imposer au parti socialiste.

Son élection de maire du 8e arrondissement de Marseille, elle la doit, explique-t-elle à l'AFP, à "la volonté" de Jean-Noël Guérini, candidat malheureux pour diriger la cité phocéenne.

"Les Français sont prêts", estime-t-elle, mais les partis, et notamment le sien, n'ont pas "le courage" d'imposer la différence. Au sein du PS, elle dit avoir "tout entendu". "Je n'étais pas assez blonde, pas assez BCBG, les Blancs ne voteraient pas pour moi...", s'amuse celle qui l'a emporté au 1er tour dans sa mairie.

Son collègue socialiste Malek Boutih estime qu'il y a un réel "conservatisme" des partis, mais, pour lui, l'absence des minorités vient aussi "d'une inhibition des militants" qui en sont issus et qui devraient monter à l'offensive plutôt que "pleurnicher".

Encore faut-il que les dirigeants ne mettent pas des bâtons dans les roues de ces candidats de la diversité en laissant des dissidents se présenter. Ainsi, M. Boutih fut étrillé aux législatives de 2007 en Charente.

C'est le modèle "universaliste" de la France qui est en cause, juge Pascal Joseph, adjoint du XXe arrondissement de Paris, d'origine indienne, car "il repose sur la reproduction des mêmes parcours, avec des voies d'excellence uniformes depuis 50 ans", comme l'Ena.

"Ce sont les barons locaux qui décident qui représente la diversité", s'insurge-t-il, regrettant que la France ait moins d'élus de couleur que sous la colonisation.

Il cite le Guyanais Gaston Monnerville, qui présida le Sénat de 1958 à 1968 et à ce titre était susceptible d'accéder à l'Elysée en cas d'intérim.

La présence au gouvernement de Rama Yade, Rachida Dati et Fadela Amara - même non élues - est la preuve que "les choses ont commencé à bouger" et que cela "va s'amplifier" grâce à "une plus grande tolérance de la société", pronostique Pierre Bréchon, professeur à Sciences-Po Grenoble.

Nicolas Sarkozy ne manque d'ailleurs pas une occasion de mettre en avant ces trois femmes comme "autant de visages de la vraie France".

Mais il n'a pas été suivi par son parti l'UMP, avait déploré en mars son chargé de mission "diversité" Abderrahmane Dahmane.

Le secrétaire général de l'UMP, Patrick Devedjian, réfute cet argument. "Notre devoir est de leur mettre le pied à l'étrier", avance-t-il mais la "politique nécessite un apprentissage" qui ne lui semble "pas plus long pour les Maghrébins" qu'il l'a été pour un Arménien d'origine comme lui.

Le mal est plus profond, à en croire Christiane Taubira. "Ni l'UMP, ni le PS ne sont capables aujourd'hui d'accomplir ce qu'a accompli le parti démocrate", juge la première candidate noire à la présidentielle.

Les Français y sont-ils vraiment prêts? Dans un sondage du dernier Journal du Dimanche, si 80% voteraient pour un candidat noir à l'Elysée, ils ne seraient plus que 58% à faire de même pour un candidat d'origine maghrébine.
http://fr.news.yahoo.com/2/20081105/tpl-obama-interpelle-une-classe-politiqu-ee974b3.html?printer=1



Haut de page Article rédigé par E.Y - Source : fr.news.yahoo.com/
 

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