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PEUPLES EN ESCLAVAGE  Imprimer   Envoyer par mail
 


10 mai 2009 / 12h18
- Michel Goeh Akue : "La traite négrière a divisé les peuples".

L’Université de Lomé a servi de cadre les 7 et 8 mai à un grand séminaire sur l’esclavage. L’Agence Savoir News a rencontré Michel Goeh Akué, professeur d’Histoire contemporaine à l’Université de Lomé au terme de cette rencontre. - [ 5/10/2009 ]
Propos recueillis par Lambert ATISSO

Savoir News : La semaine dernière, le campus de Lomé a abrité un séminaire sur l’esclavage. Pourquoi une telle rencontre sur le passé colonial ?

Michel Goeh Akué : Nous ne parlons pas du passé colonial, mais plutôt de la traite négrière et l’esclavage qui font partie des épisodes de l’histoire de l’humanité.
Nous parlons de l’histoire de l’humanité parce que, ce n’est pas seulement les africains qui ont été en contact ou bien sont parties prenantes de cette traite. C’est à la fois l’Europe, l’Afrique, l’Amérique et même l’Asie. Il est donc important de se rappeler ce passé pour pouvoir endiguer tous les problèmes que nous connaissons aujourd’hui : la pauvreté, le sous-développement. De nos jours, beaucoup de thèses sont développées pour expliquer les fondements du sous développement et parmi ces fondements figurent la colonisation et la traite négrière quand bien même celle-ci remonte à plus de 2 siècles. Vous n’êtes pas sans savoir qu'en 2007, on a fêté le bicentenaire de l’abolition de la traite négrière et c’est dans ce cadre que Koïchiro Matsuura, le Directeur Général de l’UNESCO a effectué en février 2007, une visite au Togo et au Ghana. Et dans le cadre des manifestations, le département de l’histoire de l’Université de Lomé a introduit un projet pour une meilleure connaissance du phénomène au Togo, parce que le Togo est considéré pratiquement comme le chaînon manquant de cette route des esclaves connues très bien au Bénin.
D’ailleurs, c’est au Bénin en 1994 que le projet UNESCO "Route des Esclaves" a été lancé et à la suite de cela, il y a eu des mémoriaux qui ont été construits, des itinéraires tracés sur la traite négrière notamment à Ouidah et dans le reste du Bénin. Au Ghana, il y a beaucoup d’efforts sur la côte et qui ont fait comprendre que, la traite a également sévi là-bas. Mais au Togo, on ne sait pratiquement rien, alors que notre pays est au cœur de ce que l’on appelait dans le temps, la Côte des esclaves.
Alors comment ça c’est passé au Togo et quels sont les lieux de mémoires de la traite négrière et de l’esclavage ? Tel est le l’objectif de ce séminaire : retracer ces lieux de mémoires et ces routes, afin de faire revivre aux générations nouvelles, la situation désastreuse que fût la traite négrière et l’impact de cette forme d’asservissement de l’homme.

Savoir News: En quoi ce rappel de mémoire peut contribuer à la réduction des maux que vous avez évoqués?

Michel Goeh Akué: Aujourd’hui, nous parlons de réconciliation nationale au Togo mais quand on cherche les anciens fondements des difficultés que nous connaissons au niveau des peuples, on peut y voir également la traite négrière. Car avec cette étude, on comprend bien qu’au Togo, il n’y a pas d’ethnie pure et que les ethnies sont mêlées les unes des autres et que tous nous sommes des hybrides. A partir de là, nous pouvons devoir développer la vertu de la tolérance, cette notion, seul gage de paix. Quand on peut comprendre, accepter l’autre malgré sa différence, on va forcément vers la paix.

Savoir News: Quel sens revêt le thème choisi pour ce séminaire : "Route des Esclaves" ?

Michel Goeh Akué: La "Route de l’Esclave" au Togo, comme je le disais plus haut, c’est le chaînon manquant sur la route de l’esclave dans le Golfe de Guinée et nous ici, en ressuscitant donc la "Route de l’Esclave", c’est d’abord pour pouvoir revaloriser ces lieux de mémoire pour le tourisme culturel, parce que la diaspora noire cherche à retrouver ses racines.
Retrouver ses racines est une chose importante. Il faudrait qu’ils connaissent ces lieux de mémoire; certains peuvent retrouver là où leurs ancêtres ont vécu, d’où ils sont partis etc…Pour nous nationaux, retrouver ces lieux de mémoire importe également le multiculturalisme des peuples togolais. Voilà la raison essentielle et puis, il est indispensable que ces éléments soient traduits dans les programmes d’enseignement aussi bien dans les écoles primaires que secondaires et même dans le supérieur.

Savoir News: D'aucuns estiment que la traite négrière et l’esclavage sont à la fois positive et négative pour le peuples africains. Qu'en pensez-vous?

Michel Goeh Akué: Il n’est pas question de dire que la traite négrière est un phénomène positif, non loin de là. C’est des épisodes douloureux pour notre territoire, nos peuples.
Il s’agit de réveiller ces périodes pour dire aux gens : plus jamais ça, plus jamais d’activités privant les hommes de leur liberté.
La traite négrière a-t-elle enrichi les africains ? Non, avant tout, c’est d’abord un moyen d’accumulation primitif au capital qui a permis le développement industriel. Beaucoup d’auteurs ont écrit et ont analysé la situation de la traite négrière dans l’appauvrissement du notre continent. C’est vrai que des bras valides sont partis, c’est vrai aussi que nos structures ont été déstructurées, tout était mis sans issue, l’insécurité a fait que les mécanismes de productions n’ont plus marché.
La traite négrière a divisé les peuples, oui, mais il faut les assumer et maintenant aller de l’avant en ayant en tête qu’elle a entraîné des dommages qui font parties prenantes de l’histoire.

((228) 962 59 79 / 996 68 62. Savoir News, la première Agence de presse privée au Togo)



Haut de page Article rédigé par E.Y - Source : Savoir News
 

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