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CONVERGENCES JUIFS-NOIRS  Imprimer   Envoyer par mail
 


15 mai 2009 / 12h29
- lettre à Madame Aviva Shalit

Chère Madame, Avant de vous écrire ces quelques mots, je me suis adressé par téléphone à ma Mère, Adjoavi AGUIAR-LASSEY, qui est à Lomé (Togo) afin de l'informer de mon initiative.
C'est avec enthousiasme qu'elle m'a encouragée de plus, elle m'a fait part qu'elle s' associe à cette démarche.

C'est dire combien nombreux- nous sommes de par le monde à partager votre angoisse, votre attente, vos interrogations. En tant que Franco-Togolais, Guilad est un compatriote puisqu'il est Franco-Israélien . Mais je dirai que je le ressens comme un ami, voire comme un frère ; tellement cette épreuve nous a rapproché. Aussi, permettez-moi, l'instant de raison, de vous dire en tant que fils et avec respect, Maman, nous espérons, nous sommes dans l'attente de voir notre frère Guilad rentrer très bientôt sain et sauf à la Maison. Nous sommes avec vous par la pensée et nous sommes solidaires de toute la famille dans ce moment difficile et restons convaincus que très prochainement, nous nous réjouirons de la bonne nouvelle : celle du retour de Guilad parmi les siens.

Pour témoigner ma profonde reconnaissance et amitié à Olivia CATTAN, Présidente de Paroles de Femmes qui m'a proposé de vous transmettre ces quelques mots, je vais pour conclure rendre hommage, à travers elle aux Femmes par un texte que j'ai trouvé, il y a trois ans, sur un site de la diaspora noire. Il fut écrit lors de la journée mondiale de la femme le 8 mars 2005 ; je l'ai quelque peu modifié.

Merci Femmes, ne nous abandonnez pas !

L'occasion serait-elle trop officielle, trop emphatique, admettons un peu artificielle que l'essentiel n'y trancherait pas. Si cette occasion offre un prétexte pour aborder, récuser, décrypter, évaluer les violences d'une longue domination masculine frisant parfois la conspiration d'une barbarie de civilisation, autant s'y adonner. En vérité, avec passion et si possible avec sagesse.

Car nul ne saurait venir à bout, même au prix de savantes leçons de raisons pures, de la réalité vécue par ces millions de femmes, de filles, de mères, de nouveaux-nés. De Lucy ancêtresse d'homo sapiens sur le sol hospitalier qui fut le sien, celui de cet autre archétype féminin qu'est la matrice et procréatrice des civilisations de la terre, Afrique-mère, aux contemporaines femmes, bien du chemin. Violentées, battues, opprimées et pourtant toujours généreuses et donneuses d'universel tel serait la leçon d'humilité, d'abnégation et de courage délivrée par ces reines de l'ombre ou des lumières humaines...

Que dire sinon Pardon et Merci, Merci et Pardon, avant et après les discours utiles et les plaidoiries de salons sans engins ni lendemains.

Que dire donc à ces couveuses de vie biologique, sociale, politique, culturelle,

Que dire à ces justes éducatrices, punisseuses câlines, et sévères initiatrices,

Fortes de leurs fausses faiblesses,

Faibles de leurs fausses forces,

Mères, Filles, Enfants, toujours.

N'est-ce pas elles qui impriment depuis le sein maternel jusqu'à la régence domestique le temps et le rythme naturel des choses,

N'est-ce pas elles qui acceptent le privilège et le sacrifice de protéger le vivant, Ô suprême tâche, sacerdoce, engagement, ministère,

N'est-ce pas elles qui protègent à l'instar du nouveau-né la civilisation toute entière,

Sa faculté à être, à devenir, c'est-à-dire à inventer, à rénover, à réformer, à régénérer,

N'est-ce pas elles qui se trouvent aux avant-postes combattant les injustices, la misère comme fruit acide d'ingrats ouvrages humains, distribuée à dessein aux honnis de l'humanité classique proclamée par les Pédants,

N'est-ce pas elles qui, gardiennes des villages, des refuges et abris de nos retranchés guerriers assurent le bandage des plaies corporelles, sociales, psychologiques, veillant au plus près la fragilité existentielle sans tenir ni comptabilité ni horloge parlante,

Merci et Pardon, Pardon et Merci.

A Toutes, célèbres et anonymes, connues et inconnues, vraies illustres et fausses petites,

Merci et Pardon, Pardon et Merci.

Et surtout, de grâce Ne Nous Abandonnez pas. Ni en vous abandonnant à réécrire en sens inverse la prétention masculine, ni en délaissant la voie qui jusqu'ici vôtre a permis de faire survivre l'espoir.

L'espoir que rien ni personne ne pourra à jamais extirper des cœurs de ces millions de fils et de filles bercés des tonnes de fois, menés aux doux airs matinaux qui bientôt feront des comptines, puis des mélodies, puis du chant, en somme de l'amour exprimé.

Ne nous abandonnez pas. Ne vous abandonnez pas davantage à ces rôles que notre barbarie aura su vous inculquer, tant et si bien que par quelque commodité, par quelques honorables sauf-conduits délivrés par le mâle monarque, vous pourriez vous faire complices involontaires de sa férule sur vous…Sur nous.

Pardon et Merci, Merci et Pardon,

A Toutes, convoyeuses du vivant, couveuses incarnées de l'espoir,

Vous Toutes, Christiane Taubira, Nandi, Yennenga, Sarah E. Goode, Amazones du Dahomey, Femmes de Nder, Makeda, Simone Veil, Wilma Rudolf, Venus Hottentot, Harriet Tubman, Golda Meir, Solitude, Nzinga, Pokou, Marie Trinttignan, Rosa Parks, Wangari Maathaï, Dulcie September, Rosa Luxembourg, Toni Morisson, Myriam Makeba, Hatschepsout, Kimpa Vita, Sojourner Truth, Diane Abott, Mae Jemison, C.J Walker, Darling Légitimus, Sarah Vaughan, Bwiza, Bessie Smith, Ndabaga, Whoopie Goldberg, Angéla Davis, Winnie Mandela, Yaa Asantiwa, Sarraounia, Nane Ngo'o , Anna Politkovkaïa, Ingrid Betancourt , Aviva Shalit, Olivia Cattan...

Sewa W. LASSEY,

Représentant de l'Amité Judéo-Noire dans le Nord-Pas-de Calais (France)


Haut de page Article rédigé par E.Y - Source : Sewa W. LASSEY,
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- COLLOQUE Le visage. La rencontre de l’autre
Dimanche 10 octobre 2010 15h à 18h au Collège des Bernardins

- Monde noir, Monde juif , rencontres, émancipation
communication de Philippe Boukara, maître de conférences à l’I. E.P. de Paris


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