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TRACES JUIVES EN AFRIQUE  Imprimer   Envoyer par mail
 


24 octobre 2010 / 21h25
- Sur les traces des juifs du Sahara et d’Afrique de l’Ouest…

Le TOUAT- GOURARA – TIDIKELT – 400 km sur 120 – est une province du Sahara aujourd’hui rattachée à l’Algérie, à un millier de kilomètres au sud de la Méditerranée.

– Population initiale constituée de Haratine d’origine africaine, de Berbères et de Juifs et qui va enregistrer l’arrivée d’immigrants qui ont apporté des techniques utiles au développement
économique de la région :
Les Zénètes après le V° siècle devaient révolutionner le Sahara avec l’introduction
– 1.- le chameau, qui a permis d’augmenter le rayon d’action des caravaniers et de développer les échanges transsahariens,
– 2.- le palmier ( création des oasis )
A partir du VI° s., de Juifs irakiens apportent la technique des foggara (système particulièrement ingénieux de canalisations permettant de capter l’eau de la nappe et de la diriger – à l’abri de
l’évaporation – jusque dans les jardins…)
Devenue plaque tournante du commerce caravanier transsaharien aux XII°-XIV° siècles, grâce à ses ressources en eau et au dynamisme de ses marchés d’échange, la région assure sa prospérité :
Marchandises échangées :
1. Maghreb – Afrique : argent, cuivre, sel, cotonnades, armes, manuscrits, dattes, henné, tabac, verroterie…
2. Afrique – Maghreb – Espagne : ivoire, or en poudre, plumes d’autruche, esclaves…
Le rôle de l’entité juive ne sera connu qu’au début du XX°, après la mise au jour de témoignages épigraphiques et de chroniques locales :
– découverte de la pierre tombale gravée en hébreu en 1329 de Mona, fille de ‘Amran par E.F. Gautier en 1903 à Ghormali
– collecte par l’officier-interprète A.G.P. Martin, des récits et chroniques locales qui ont permis de mieux connaître ce passé :
« Les Indigènes racontent que les ksour de Tamentit furent créés par les Juifs l’année de l’éléphant. C’est ainsi que les Arabes désignent l’année au cours de laquelle eut lieu l’expédition
qu’Abraha, prince éthiopien, entreprit contre la Mecque pour renverser le temple de la Kaaba ; Abraha montait un éléphant blanc.»*
« [Les] populations arabes trouvèrent dans ce pays une partie de celles qui l’avaient mis en culture dès le début : c’étaient les Beni Israël »
« Mon hôte, le Mrabet Sidi Youssef, avait appris de son aïeul que ces Juifs avaient été les premiers habitants du Touat et qu’ils y existaient comme nation en 260 [905]. J’ai pu voir moi-même leurs
synagogues et leurs boutiques à arcades».
D’après le voyageur Helal ben Messaoud, venu de Mossoul (Irak) [qui] s’est arrêté en l’année 131 [748-749 apr. J.-C.] à Takhfif… ; il amenait avec lui des commerçants juifs qui (…) y trouvèrent mention sur les tombeaux des Juifs qui avaient abandonné ce pays, que ceux-ci y étaient arrivés en l’année 4429 de la sortie d’Adam [...]. C’était vers l’an 5 après J.-C. … »
Les sources d’origine hébraïque, restent assez discrètes, en dehors de quelques documents rabbiniques des XIV & XV° siècles.
– au IX° l’existence et sa prospérité de l’entité touatienne sont connues à l’extérieur, ce qui ne sera pas sans conséquences :
– XI° incursion des Beni Hillal, puis des Almoravides.
Paradoxe : au moment où va se dessiner le déclin du Judaïsme au Maghreb, les auteurs arabes révèlent une présence antérieure des Juifs au Sahara et au Soudan :

- les patronymes berbères de beaucoup de Juifs d’A. F. N. : ABOUKRAT – AFLALO (de la tribu des Aït AFELLA) – AUDAY, AOUDAY (en
berbère: « Juif ») – AZAGOURI, ZAGOURI (de Zagora, ville du Dra’) – AZANCOT (en berbère: « gazelle ») – BAHLOUL, de la tribu des BAHLOULA – BRANES – MEDIONI (de la tribu des MEDIOUNA)… et
inversement,
– les patronymes juifs des berbères d’A. F. N. : KAHINOU, AMRAN, ICHOU, MIMOUN…
2. A travers le Sahara
Si les premiers voyageurs européens ont rencontré des Juifs – dès le XV° – et si, au XIX°, la plupart des explorateurs ont eu des guides juifs …), de l’exode éperdu à travers le Sahara (en 1492),
pour rejoindre des groupements installés à la lisière du désert ou en Afrique noire, il est resté les nombreux et éventuels descendants :
1.- en Mauritanie
les M’almine, ces forgerons appelés Ihoud jusque dans les années 1950. (Beaucoup, du reste, paraissent avoir reçu en héritage les techniques et les motifs de décoration traditionnels des Juifs du
sud marocain)…
2.- dans le monde touareg
nombre de tribus disent conserver le souvenir de leurs origines juives :
– Enaden (forgerons)
– Daga,
– Ida Ous’haq & Igdalen,
Rencontre fortuite ou réelle influence ? Quelques éléments lexicaux, identiques à la forme hébraïque, sont pour le moins troublants.
3. Au Soudan
– Près du lac Fati, dans la boucle du fleuve Niger, d’autres Juifs touatiens auraient trouvé asile parmi les Banou Israël établis de longue date, comme d’autres individus ou groupements installés
dans les régions aurifères et qui ont initié le grand commerce de métal précieux longtemps avant l’arrivée des Musulmans.
Autres cas : Rufisque (Sénégal), Cap Vert, l’île de Sao Tomé…
Existe-t-il, à ce jour, des descendants de ces Juifs africains ?
Des tribus ou de groupes revendiquent leur appartenance au Judaïsme : Peuls, Zakhor, Boganda…
Somme toute assez peu de chose en dépit des 25 à 28 siècles de présence juive… Quoi d’étonnant si l’on considère la période la plus récente ?
– 1950-60, encore 6 à 700 000 Juifs au Maghreb
– aujourd’hui, moins de 10 000 entre Maroc et Tunisie, 200 à peine, en Algérie où il n’existe plus de synagogues ni de cimetières dans la plupart des localités …
– en Afrique de l’Ouest, hormis quelques voyageurs de passage, il ne se rencontre plus de Juifs.
Et, évidemment, aucune mention dans les livres d’histoire…
Jacob OLIEL
Blois, 25 octobre 2003
Martin, AGP (1908) – (1923)
Al Sayyid Mohammed al Taïb ben Hadj Abd er Rehim al Touati el Tamentiti El Koreïchi tel qu’il se nomme lui-même dans sa fameuse chronique « Al Kaoul al Basit fi Akhbar Tamentit » par Louis Watin,
traducteur du Tamentiti (note p. 225)
Martin, A.G. P, 1923, p. 74, 76, 100.
IDRISSI ( p. 130 § 203) et (p. 145 § 233) ; IBN SAID (p. 204 §§ 341-342) AL ZUHRI XE “AL ZUHRI” (p. 121 § 192) IBN ABI ZAR XE “IBN ABI ZAR” (p. 231§388), XE “IBN SAID”
datée par S.D. Goitein, XE “.” Letters of Medieval Jewish Traders, Ed. Princeton University Press, 1973
Crypte où sont conservés les papiers-livres inutilisables, mais qui ne peuvent être détruits, le nom divin y étant inscrit
documents de la Genizah du Caire Cambridge University Library, coll. « Taylor- Schechter », Arabic Box 53, f 66 & 67.
La Roncière, III- 1925 et Escudier-Oliel (à paraître)
Dans une Europe du XII° inquiète des avancées de l’Islam et qui rêvait d’un libérateur venu de l’Orient, le mythe du Prêtre Jean (qui était en fait un Prince d’Ethiopie) a permis d’entretenir
l’espoir jusqu’au XV°
« Tegorarin [il s’agit du Gourara, que Léon traversa vers 1506] est grande contrée au désert de Numidie. Il y soulait jadis habiter des Juifs fort riches, qui par le conseil et la suasion d’un
prédicateur de Telemsin furent tous saccagés [...], ce qui advint en l’année même que les Juifs furent expulsés par Fernand, roi d’Espagne et Sicile. »
Le mot n’est pas à prendre ici dans son acception européenne puisque le Touat n’avait ni roi, ni armée ; il s’agissait plutôt d’une entité économique
Le statut de Dhimmi imposé aux non-musulmans est fondé sur le principe du rachat de l’erreur consistant à ne pas reconnaître le vrai Dieu, ce qui se traduit par le versement d’un impôt et les
marques distinctives de l’abaissement supposant le port d’un costume spécial, et c…
docteurs de la loi en Islam
Ahellil vient de l’hébreu et a la même racine que halléluïa (glorification) Mouloud Mammeri, L’Ahellil du Gourara, 1985 et disque 3 C 064 – 18079 M (EMI-UNESCO collection)
Mardochée aby Serour, les Daggatoun (traduction I. Loeb), bulletin de l’A.I.U., janvier 1880
groupement juif de maraîchers de la région de Tendirma (localité située à 80 km, au sud-ouest en aval de Tombouctou), connus pour avoir foré des puits dont les parois étaient patinées au beurre de karité, ce qui leur permettait d’obtenir une eau de qualité pour arroser leurs légumes.
par
Jacob Oliel




Haut de page Article rédigé par .A - Source : jacob oliel
 

- Les Juifs du Mali,
par Jacob Oliel


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